Haïti/Coopération : Expertise et savoir-faire du Canada pour un renforcement des capacités de gestion de l’Etat

P-au-P, 12 févr. 08 [AlterPresse] --- Le Canada, à travers l’Ecole nationale d’administration publique du Québec (Enap) et l’Agence canadienne de développement international (Acdi), participe à la mise en œuvre d’un programme visant, pendant 5 ans, le renforcement des capacités de l’Etat haïtien dans le domaine de la gestion publique, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Ce projet de 7,2 millions de dollars permettra le transfert d’expertise et de savoir-faire de l’administration publique québécoise à l’administration publique haïtienne, selon les clauses de ce programme communément appelé « Projet d’appui au renforcement de la gestion publique » (Pargep), connu auparavant sous la dénomination du « Projet d’appui a la gouvernance de l’Etat » (Page).

L’essentiel de ce programme consiste en l’engagement du gouvernement du Québec, de l’Acdi et de l’Enap, souligne Jean-Max Bellerive, ministre haïtien de la planification et de la coopération externe (Mpce).

Il s’agit d’un projet qui consiste à « renforcer les capacités nationales de l’Etat haïtien », précise le diplomate canadien Claude Boucher, lors d’une conférence de presse, dans l’après-midi du lundi 11 février 2008, à l’Ambassade du Canada à Port-au-Prince.

« Favoriser la mise en place de mécanismes de planification et de coordination de l’action gouvernementale, l’émergence en Haïti d’une fonction publique professionnelle, la promotion d’une gestion efficace des finances publiques et la mise en œuvre d’une reforme administrative dans les ministères sectoriels », est le principal objectif de ce projet de cinq ans.

Tout en renouvelant l’engagement du Canada à soutenir les efforts du gouvernement haïtien, Claude Boucher croit nécessaire de renforcer les aptitudes de certaines composantes de la fonction publique haïtienne.

Le ministre Jean-Max Bellerive voit en ce projet « une réponse directe à la préoccupation du gouvernement » par rapport aux réformes en profondeur à opérer au sein de l’administration publique haïtienne.

Bellerive interprète ce projet comme une « aide de gouvernement à gouvernement ». Ce qui, selon lui, fait l’originalité d’une telle démarche.

« Le gouvernement du Québec va, avec nous, rechercher les meilleures façons d’aider le gouvernement haïtien », indique le ministre Jean-Max Bellerive.

Le titulaire du plan estime qu’aujourd’hui le pays n’a plus besoin d’experts qui ne font que produire des rapports. Les Haïtiens, dit -il, ont une exigence pour des gens qui travaillent, qui peuvent aider à résoudre les problèmes dans la gestion de l’Etat.

« J’ai pleinement confiance en ce projet » et « je suis très optimiste pour l’avenir » de ce programme, déclare, pour sa part, Monique Gagnon-Tremblay, ministre québécoise des relations internationales et également ministre responsable de la Francophonie.

En soutenant le développement de l’Etat haïtien à travers ce programme, la ministre québécoise se réjouit de pouvoir contribuer au progrès et à l’avancement de ce pays qu’elle a déjà visité a plusieurs reprises.

La contribution de l’Acdi à ce projet quinquennal est de l’ordre de 5 millions de dollars. Le gouvernement québécois offre un apport de 1,5 millions qui financeront la paye des fonctionnaires qu’il délèguera en Haïti pour partager leur expertise avec leurs homologues haïtiens.

Le gouvernement haïtien, quant à lui, s’occupera de la forme de salaires à verser au personnel concerné.

Dans l’intervalle, Jean-Max Bellerive annonce pour bientôt le départ, en direction de Québec, d’un groupe de fonctionnaires haïtiens qui recevront des formations dans le domaine de la communication. Ceci, dans l’objectif de résoudre les problèmes de communication de l’actuelle équipe gouvernementale. [do rc apr 12/02/2008 8 :00]