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Grippe aviaire / Importation d’œufs et de poulets

Haïti fait des exigences à la République dominicaine pour la levée de l’interdiction


mardi 29 janvier 2008

Par Agropresse [1]

Soumis à AlterPresse le 28 janvier 2008

Des informations circulant dans la presse dominicaine font croire que les autorités haïtiennes auraient promis de lever bientôt la mesure d’interdiction des importations de produits avicoles de la terre voisine.

Selon une source proche de la délégation haïtienne qui a visité récemment les fermes dominicaines, la diffusion de ce genre de rumeurs dans la presse dominicaine fait partie d’une stratégie visant à faire pression psychologiquement sur le gouvernement haïtien.

Selon cette même source, le gouvernement n’a nullement l’intention de lever, du moins dans le court terme, la mesure d’interdiction. La mission d’évaluation qui a séjourné en République dominicaine estime que les conditions ne sont pas encore remplies pour une levée de la mesure d’interdiction des importations.

Joanas Gué, secrétaire d’État à l’Agriculture, déclarait sur une station de radio de la capitale que les informations collectées par la mission auprès de certains habitants de la région d’Higuey - là où un foyer d’infection a été découvert - et les observations effectuées sur place par les membres de la mission haïtienne laissent entrevoir plusieurs niveaux de faiblesse dans la gestion du foyer d’infection. Ce qui représente un point à partir duquel peut se propager le virus vers les autres régions de la République dominicaine.

Sur la base des observations de la mission, celle-ci estime que le gouvernement dominicain n’est pas en mesure de déclarer formellement que le virus H5N2 ne continue pas de circuler en terre dominicaine. À cet effet, la délégation haïtienne estime que la partie dominicaine doit intensifier les efforts pour une meilleure gestion du foyer d’infection.

Parrallèlement, la mission haïtienne pense que les enquêtes de dépistage, menées dans les grandes fermes d’élevage dominicaines, ne sauraient permettre d’avoir, pour le moment, des conclusions définitives, car elles sont fragmentaires et ne concernent pas encore l’ensemble de la filière.

En attente d’une certification internationale

La mission haïtienne croit nécessaire de renforcer le programme de surveillance de la grippe aviaire. Car, le système de commercialisation des produits avicoles développé entre Haïti et la République dominicaine se fait essentiellement à travers des intermédiaires qui collectent les produits avicoles, en particulier les oeufs en tous points du territoire dominicain sur la base de leur seul prix de revient, les entreposent tous ensemble, ce qui augmente les risques sanitaires et écarte d’emblée toute possibilité de procéder à la traçabilité de ces produits.

De plus, aucune des entreprises dominicaines ne détient encore une certification internationale la reconnaissant comme étant libre de la grippe aviaire, laquelle l’aurait habilitée à continuer de faire le commerce international, même avec la présence d’un foyer dans le pays, à partir des concepts de zones ou de compartiments indemnes reconnus par l’Organisation mondiale de la santé animale (ci-devant Office international des épizooties / Oie).

En outre, après avoir obtenu une certification internationale pour d’éventuelles zones libres ou pour des entreprises en particulier, les autorités dominicaines devront se plier à d’autres exigences de la partie haïtienne, qui prône l’élimination, le plus possible, des intermédiaires des circuits de commercialisation jugeant que ces derniers empêchent l’application du principe de traçabilité des produits.

Enfin, les dernières exigences se réfèrent au contrôle des conditions d’emballage, de stockage, d’étiquetage et de transport des produits avicoles qui sont destinés au marché haïtien.

Vraisemblablement, la reprise des importations des produits avicoles de la République dominicaine n’est pas pour demain. Puisque, comme l’ont déjà affirmé plusieurs hauts responsables haïtiens, Haïti, tout comme la République dominicaine, est membre de l’Organisation mondiale de la santé animale et suivra dans ce dossier scrupuleusement toutes les dispositions et procédures prévues par les règlements internationaux en la matière.

[1Agropresse est un organe de communication spécialisé, véhiculant des informations sur l’Agriculture et l’Agro-transformation. Il est formé de plusieurs institutions, dont :

- Veterimed (Élevage, santé animale, transformation du lait) ;
- Médialternatif (Information, communication et médias)
- SAKS (Communication sociale, radiophonie)
- Group Croissance S.A (Gestion d’entreprise, marketing, économie, Finance, technologie) ;
- GREF (Problème foncier) ;
- ANEM (Transformation de fruits) ;
- ORE (Production et transformation de céréales et de fruits) ;
- GRAMIR (Production de semences, gestion bassins versants) ;
- Concert Action (Environnement, production agricole) ;
- ACDED (Environnement, production agricole) ;
- GATAFI (Technologie appropriée)