Haïti-Economie : Forte hausse des prix des biens essentiels sur le marché national en décembre 2007

P-au-P, 13 déc. 07 [AlterPresse] --- Les prix de différents biens essentiels à la consommation courante, plus connus en Haïti sous le nom de produits de première nécessité, accusent une forte hausse, allant de 20 à plus de 50 %, en cette fin d’année 2007, révèle une visite réalisée par l’agence en ligne AlterPresse en différents points d’achat et de vente du marché de Port-au-Prince.

« Les prix du riz, des haricots secs (plus connus sous le nom de pois), du sucre et de l’huile de cuisine sont devenus presque inaccessibles ces dernières semaines », se plaignent marchandes et marchands, ainsi qu’acheteuses et acheteurs interrogés par AlterPresse.

Cette augmentation effrénée des prix des biens essentiels, sur le territoire national, a commencé au cours du mois de novembre 2007, après les importantes inondations découlant des pluies incessantes abattues sur le territoire national avec les changements climatiques de 2007.

Riz importe / Apr

En trois jours, la petite marmite de riz et de sucre qui se vendait à 17 gourdes est passée à 20 gourdes (US $ 1.00 = 36.50 gourdes aujourd’hui) ; la marmite de pois noir de 27 à 35 gourdes ; celle de la farine de 15 à 19 gourdes, le gallon d’huile comestible de 215 à 260 gourdes...

La petite boîte de lait liquide concentré, qui était écoulée à 12.50 gourdes, est vendue maintenant à 15 voire 16 gourdes, dépendant des lieux de distribution. Les prix des pâtes alimentaires, comme le spaghetti, du sel et du beurre de cuisine, de la sauce de tomate… accusent aussi une augmentation. Les prix sont aussi élevés pour le savon de lessive, l’hareng, la viande, le poisson, les ingrédients, les salades, l’oignon, la tomate, etc.

Cette inflation est aussi observée pour les fruits à teneur en vitamine C, comme les pamplemousses, chadèques et oranges,

Oranges / Apr

dont les sacs de douzaines d’unités ont atteint respectivement les 300 et 600 gourdes, contre 175 et 350 gourdes auparavant.

Le sachet de pain frais a déjà connu une augmentation depuis la fin de l’été 2007, à la veille de la rentrée académique scolaire de septembre 2007, avec une hausse du prix de la farine de blé enregistrée sur le marché international par suite de la pression sur les céréales pour la production de biocarburant. Parfois, les boulangers préfèrent diminuer sur la quantité offerte au lieu d’élever les prix, tant soit peu pour faciliter les petites bourses sur le territoire national.

Il se trouve qu’aujourd’hui en Haïti, à l’approche des fêtes de fin d’année, se nourrir à sa faim est devenu un casse-tête pour la plupart des ménages, tant les prix ont grimpé.

En outre, les produits vestimentaires, ménagers et cosmétiques ont aussi augmenté ces derniers jours.

Une des causes serait le manque de vigilance des autorités haïtiennes dans la politique d’importation en Haïti, confient des marchandes et marchands à AlterPresse.

’’ Les prix des produits augmentent, alors que le dollar américain est stable ’’, déplore un marchand de maïs moulu, qui critique l’attentisme du gouvernement actuel.

Mais moulu / Apr

Tout en continuant de se rendre tous les jours dans les différents marchés publics de rue à Port-au-Prince, certains marchandes et certains marchands affirment ne pas espérer de changement de la situation pour les jours à venir.

’’L’Etat haïtien n’a jamais pris d’engagement ferme face aux problèmes sociaux propres aux marchands’’, se lamentent quelques-uns.

Pour d’autres, la rue devient un lieu de détente.

’’Nous sommes obligées de venir dans les rues, malgré la mévente, afin de pouvoir tirer de quoi apporter à la maison et subvenir ainsi aux besoins quotidiens de la famille », avance une jeune dame, dans la trentaine, bien mise et très décontractée.

Pour les acheteuses et acheteurs, la réalité des prix s’avère également compliquée et contraignante.

’’ Je ne peux que faire mes emplettes aux prix exigés, sinon je vais retourner chez moi, les mains vides’’, se résigne une acheteuse après avoir payé une petite marmite de riz importé.

« Nous avons toujours besoin d’articles de toilettes », témoigne une autre personne en train de marchander les prix de produits cosmétiques.

Produits cosmetiques / Apr

A chaque fin d’année, les prix ont tendance à augmenter pour devenir un phénomène quasi récurrent en Haïti. Mais, en décembre 2007, les conditions d’acquisition de biens essentiels semblent se révéler beaucoup plus dramatiques que les années antérieures, relèvent certains spécialistes. [kj rc apr 13/12/2007 0 :30]