Haiti : Éliminer les violences faites aux femmes

P-au-P., 29 nov. 07 [AlterPresse] --- Du 25 novembre, jour international pour l’élimination des violences faites aux femmes, au 10 décembre, jour international des droits humains, se déroule au niveau international, la campagne de 16 jours pour réfuter la violence contre les femmes, en tant que violation des droits humains.

C’est en 1999 que les Nations Unies ont décrété officiellement le 25 novembre jour international pour l’élimination des violences faites aux femmes.

L’Assemblée générale a pris cette décision en mémoire de trois femmes qui avaient été assassinées en République Dominicaine, le 25 novembre 1960, sur ordre du dictateur Raphaël Léonidas Trujillo. Il s’agissait des sœurs Mirabal.

Selon la représentante du Fonds des Nations unies pour la population en Haïti, Tania Patriota, « c’est un événement tragique que les femmes, les associations de femmes dans le monde, ont considéré comme un événement symbolique pour lancer autour de cette date un appel à toute la société, au niveau international, sur l’importance de mener un combat international contre les violences faites aux femmes ».

Cela ne veut pas dire pour autant que c’est en 1999 que la lutte contre les violences faites aux femmes a débuté. Vers les années 80, diverses associations et groupes de femmes étaient de plus en plus conscientisés sur ce phénomène.

Ces femmes commençaient à dénoncer les différentes formes de violences à l’encontre des femmes, comme les violences domestiques, agressions et abus.

Plus loin, elles allaient plancher sur les réponses concrètes à donner à cette situation. Des recherches entreprises à l’époque allaient leur fournir des données qui leur permettaient de mieux dénoncer les diverses formes de violence.

Selon Tania Patriota, les femmes et organisations de femmes allaient aussi, au cours de cette période, s’organiser de plus en plus pour « trouver des mécanismes dans chaque pays, des mécanismes à la fois au niveau législatif, au niveau des systèmes de santé, et au niveau des associations de prise en charge psychosociale, etc., pour que cette problématique soit d’abord entendue et par la suite que les victimes soient prises en charge et qu’on diminue leurs souffrances ».

En Haïti, une table de concertation autour des violences faites aux femmes est en place depuis 2003.

Cette plateforme comprend divers acteurs nationaux comme des associations et groupements de femmes, des instances gouvernementales, des Organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que des organisations internationales comme l’UNFPA.

Les efforts et actions de la dite plateforme s’articulent autour de trois axes, rappelle la représentante de l’UNFPA en Haïti.

« Le premier, c’est le niveau de la prévention où on essaie de sensibiliser la population avec toutes sortes de mécanismes. Ça peut être depuis des dépliants jusqu’à des programmes de radio, jusqu’à des séances de travail avec des associations de femmes et d’autres instances de communication, de médias, et aussi avec le personnel de santé, la formation du personnel de santé, pour être attentif à des moyens de prévenir ».

Tania Patriota souligne comme deuxième étape la prise en charge. Celle-ci se fait, selon elle, beaucoup plus au niveau des systèmes de santé et des associations qui peuvent donner une aide aux victimes de violences.

Le troisième axe d’intervention a trait à « une commission technique de collecte de données pour qu’il y ait un suivi de l’évolution des cas qui sont rapportés aux différentes institutions ».

Une récente étude du Ministère à la condition féminine et aux droits de la femme a classé Haïti parmi les pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe où le taux de violence sexuelle au niveau des couples est le plus élevé.

Ces statistiques ne veulent pas dire que la société Haïtienne est particulièrement violente. Les recherches ont en effet montré que le manque de sanctions (l’impunité) peut constituer un terreau propice aux violences.

Par conséquent, pour éliminer les violences faites aux femmes, la justice doit être sensibilisée sur la question aux fins de réagir dans un délai raisonnable lorsque des femmes victimes de violences portent plainte.

Plusieurs autres conditions doivent être réunies pour arriver à éradiquer les violences multiformes faites aux femmes. Ceci fera l’objet d’un prochain numéro de la chronique « Nou Tout Konte ». [vs gp apr 29/11/07 06 :08]

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Cet article fait partie d’une série intitulée « Nou tout konte » et réalisée avec le concours du Fond des Nations-Unies pour la Population (UNFPA). Dans ce cadre, des chroniques radios hebdomadaires sont également diffuées sur Radio Kiskeya suivant l’horaire ci-dessous :
- Mardi, au journal de 6 :00 AM
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