Haiti : La ministre à la condition féminine recommande l’implication de l’Etat dans l’enquête sur l’exploitation sexuelle des haïtiennes par des soldats de la MINUSTAH

P-au-P, 14 nov. 07 [AlterPresse] --- La Ministre à la Condition féminine et aux droits des femmes, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, recommande la participation de l’Etat haïtien, par l’entremise du Ministère à la Justice et/ou du Ministère à la Condition Féminine, à l’enquête des autorités sri lankaises sur l’exploitation sexuelle d’Haitiennes par les soldats de ce pays, faisant partie de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH).

Le 3 novembre 2007, les Nations Unies ont décidé de rapatrier 108 casques bleus sri lankais fautifs, suite à un rapport d’enquête des services de contrôle internes de l’Onu démontrant leur implication dans des cas d’abus sexuels sur des mineures haïtiennes.

Le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes « prend note » de la décision de renvoyer ces soldats et « prend en compte » également « l’intention des autorités militaires du Sri Lanka de punir ces militaires si leur culpabilité était établie », indique Lassègue dans une communication transmise à AlterPresse.

Cependant, la Minstre trouve inconcevable qu’aucun organisme de l’Etat n’ait été consulté autour de ces infractions et des enquêtes y relatives.

La ministre à la condition féminine souhaite que le gouvernement fasse la requête auprès des autorités Sri Lankaises de se porter partie civile afin d’obtenir justice et réparation, avec l’accompagnement de la Minustah et du système des Nations Unies en Haiti.

Elle souhaite également que les dossiers concernant l’enquête menée par la MINUSTAH soient remis à la justice haïtienne, afin que des dispositions nécessaires soient prises.

« L’exploitation sexuelle des femmes et des filles représente une violation flagrante de leurs droits », souligne la titulaire du Mcfdf, en réitérant sa mision de défendre les droits des femmes suite aux abus sexuels enregistrés de la part des soldats de la MINUSTAH.

« Ce sont des pratiques qui vont à l’encontre de l’établissement d’un Etat de droit », souligne la Ministre. [kj gp apr 15/11/2007 09:00]