Les paysans qui pratiquent une agriculture durable contribuent à « refroidir » la terre, selon Via Campesina

P-au-P., 14 nov. 07 [AlterPresse] --- La Plateforme Via Campesina, un mouvement international de paysans, de petits et moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du milieu rural, de peuples indigènes et de travailleurs agricoles, vient de publier un document de cadrage sur le réchauffement climatique.

D’après ce document, consulté par AlterPresse, les modes de production et de consommation actuels sont à l’origine d’une destruction massive de l’environnement dont le changement climatique fait partie. Ils mettent en danger les écosystèmes de notre planète et entraînent les communautés humaines au désastre.

Le réchauffement climatique démontre l’échec d’un modèle de développement fondé sur une forte consommation d’énergies fossiles, la surproduction et la libéralisation du commerce, selon l’organisation.

Le document avance que les agriculteurs - et plus particulièrement les petits paysans - sont les premiers à pâtir du changement climatique. Les changements du climat génèrent des sécheresses inhabituelles, des inondations (comme celles que vient de vivre Haïti) et des tempêtes, qui détruisent les terres agricoles, les récoltes et les maisons.

De plus, les espèces végétales et animales disparaissent à une vitesse sans précédent. Les paysans doivent s’ajuster à ces changements en adaptant leurs semences et leurs systèmes de production à ces nouvelles situations imprévisibles, tandis que les sécheresses et les inondations provoquent de mauvaises récoltes, augmentant par là même le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde.

La production et l’utilisation d’aliments par les multinationales contribuent sensiblement au réchauffement climatique et à la destruction des communautés rurales, soutient Via Campesina. L’organisation critique le transport d’aliments d’un continent à l’autre, la monoculture intensive, la destruction des terres et des forêts, et l’utilisation d’intrants chimiques, qui font de l’agriculture une activité énergétivore contribuant au changement climatique.

Ces pratiques sont, selon Via Campesina, le résultat de politiques néo-libérales imposées par l’Organisation mondiale du commerce, par les accords régionaux et bilatéraux de libre échange, par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les aliments sont produits en ayant recours à des pesticides et des engrais dont la production consomme du pétrole.

Via Campesina, en tant que mouvement regroupant des millions de petits paysans et de producteurs à travers le monde, affirme que le moment est venu de modifier radicalement notre façon de produire, de transformer, de commercialiser et de consommer les produits alimentaires et agricoles.

L’organisation croit que les petites fermes en agriculture durable et la consommation d’aliments locaux peuvent renverser la tendance dévastatrice actuelle et venir en soutien à des millions de familles vivant de l’agriculture. [cd gp apr 14/11/2007 19:00]