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Entente tripartite entre les gouvernements canadien, québécois et haïtien

Haiti-Canada : Le Canada accorde $ 7,2 millions à Haïti pour la modernisation de l’administration publique

Par Nancy Roc

Soumis à AlterPresse le 7 novembre 2007

La ministre canadienne de la Coopération internationale, l’honorable Beverley J. Oda, la ministre québécoise des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Mme Monique Gagnon-Tremblay, et le ministre haïtien de la Planification et de la Coopération externe, M. Jean-Max Bellerive, ont procédé le 7 novembre à la signature officielle d’un protocole d’entente visant à soutenir la gouvernance haïtienne, en présence de M. Marcel Proulx, directeur général de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

Cette entente tripartite, signée dans la ville du Québec entre les gouvernements canadien, québécois et haïtien assure le démarrage du Projet d’appui à la gouverne de l’État haïtien (PAGE).

D’une durée de cinq ans, ce projet de 7,2 millions de dollars sera mis en œuvre par l’ÉNAP, l’École nationale d’administration publique. Il permettra le transfert d’expertise et de savoir-faire de l’administration publique québécoise vers l’administration haïtienne. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) apporte une contribution financière de 5 millions de dollars à ce projet. Quant au gouvernement du Québec, il y contribue, à la hauteur de 1,5 million de dollars, par le paiement des salaires des employés de ses ministères et de ses organismes qui partageront leur expertise avec leurs collègues haïtiens.

Par ailleurs, on estime la contribution du gouvernement d’Haïti à $ 700 000, sous forme de salaires, locaux et équipement. L’École nationale d’administration publique (ÉNAP) agira ici à titre d’agence de mise en œuvre.

De quel constat est né et a été élaboré ce projet ? Dans une interview qu’elle nous a accordée ce 7 novembre, Mme Monique Gagnon Tremblay, Ministre québécoise des Relations internationales et ministre responsable de la francophonie a précisé que Le Projet d’appui à la gouverne de l’État haïtien (PAGE) fait suite à l’offre du premier ministre Charest lors d’une visite en Haïti en 2005, de mettre à la disposition du gouvernement haïtien le savoir-faire de l’administration publique québécoise.

« On nous avait fait valoir l’importance de renforcer la fonction publique haïtienne et de travailler sur la gouvernance. Suite à cette visite, nous avons travaillé avec l’ÉNAP pour savoir quel type de projet on pouvait élaborer pour répondre à ce besoin, nous avons trouvé les fonds nécessaires à l’ACDI pour arriver aujourd’hui à la signature de cette entente. Ce projet va nous permettre de mettre en place les mécanismes de planification et de coordination de l’action gouvernementale, doter Haïti d’une administration professionnelle et représentative de la population, faire la promotion de la sainte gestion de la chose publique et mettre en œuvre la réforme administrative dans les ministères sectoriels » , a-t-elle déclaré.

La ministre Gagnon-Tremblay a souligné que « ce projet concrétise la volonté du gouvernement du Québec, déjà exprimée par son premier ministre, d’aider de façon tangible Haïti à assurer son propre développement car Haïti, comptent parmi les priorités de la Politique internationale du Québec. »

Haïti est le plus important bénéficiaire de l’aide canadienne au développement à long terme en Amériques et le second dans le monde après l’Afghanistan. En juillet 2006, le Canada s’est engagé à verser 520 millions de dollars sur cinq ans pour la reconstruction et le développement d’Haïti. D’autre part, ce pays est celui qui décaisse le plus rapidement ses fonds en faveur d’Haïti contrairement aux autres pays donateurs. Pourquoi cette différence ? « Je ne peux pas répondre pour les autres pays mais effectivement le Canada et le Québec sont très proches d’Haïti et, en étant en mesure de faire la démonstration que le gouvernement haïtien veut se donner une bonne gouvernance et une bonne formation au niveau de ses ressources humaines, je pense que cela va envoyer un signal aux autres pays d’encourager et de décaisser les sommes qui sont déjà engagées », a-t-elle répondu.

La mobilisation des experts se fera sous trois modalités. La première, et principale, consistera à mobiliser des ressources de la fonction publique québécoise. Cette opération importante, qui pourra interpeller l’ensemble de l’administration publique québécoise, se fera à partir des besoins définis et des termes de référence approuvés par les partenaires pour les interventions. Cette opération sera sous la responsabilité conjointe des ministères et organismes et de la Direction du projet à l’ÉNAP. Également, et lorsque nécessaire, une partie des ressources humaines requises pourra également être comblée au sein même du réseau de l’ÉNAP. Toutefois, lorsqu’il y aura une demande de ressources professionnelles à laquelle le gouvernement du Québec et l’ÉNAP ne pourront répondre, l’ÉNAP lancera un processus de recrutement compétitif et transparent. Le public sera informé de ce processus par le biais du réseau des campus de l’ÉNAP, y compris celui de Gatineau.

Du côté haïtien, la sélection des participants aux activités s’effectuera par les ministères concernés, en concertation avec la Primature et la Direction du projet. Ces 30 dernières années, le Canada et le Québec ont joui de l’expertise de milliers de cadres haïtiens qui se sont expatriés. Auront-ils une place dans le transfert d’expertise et de savoir-faire de l’administration publique québécoise vers l’administration haïtienne ? « Cela peut très bien arrivé mais cela c’est l’ÉNAP et le gouvernement haïtien qui décideront du plan d’action. Il y aura évidemment des gestes à poser à court, moyen et à long terme », a déclaré la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Mme Monique Gagnon-Tremblay.

Enfin, cette dernière a aussi annoncé une aide financière de 50 000 $ à Médecins du Monde, pour une intervention d’urgence en Haïti, et 20 000 $ à Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke (CSI), pour venir en aide à deux communautés rurales de la République dominicaine. Cette aide totalisant 70 000 $ vise à aider des populations affectées par le récent passage de la tempête tropicale Noël. Ces subventions seront versées dans le cadre du volet « aide d’urgence » du Programme québécois de développement international.