Haïti/Droits humains : Des organisations de femmes exigent le châtiment de soldats sri lankais accusés d’abus sexuels

P-au-P, 6 nov. 07 [AlterPresse] --- La décision des Nations Unies de rapatrier 108 soldats du bataillon Sri lankais pour leur implication dans les abus sexuels sur des mineures en Haïti ne laisse pas indifférentes les organisations de femmes haïtiennes, relève l’agence en ligne AlterPresse.

Ces organismes, dont la Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa) et le Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes (Fanm Yo La), se déclarent offusqués par cette mesure, tout en estimant que les militaires du Sri Lanka doivent coûte que coûte répondre de leurs actes par devant la justice.

« Nous exigeons le rapatriement en Haïti de ces soldats pour être jugés et punis selon la loi pour les crimes qu’ils ont commis en Haïti », déclare Olga Benoît, coordinatrice de la section « violence faite aux femmes » à la Sofa.

Une mesure disciplinaire adoptée par l’organisation des Nations Unies (Onu) a permis le rapatriement, le samedi 3 novembre 2007, des casques bleus sri lankais fautifs, suite à un rapport d’enquête des services de contrôle internes de l’Onu. Ce rapport, non disponible à la presse, fait état de l’implication des soldats du bataillon sri lankais de la Mission des Nations Unies de Stabilisation en Haïti (Minustah) dans des actes de viol et d’abus sexuels dans la république caribéenne.

Tout en exigeant la publication de ce rapport, Olga Benoît en profite pour réclamer le départ des troupes onusiennes.

« Nous ne voulons pas cette force d’occupation qui nuit gravement à la souveraineté de notre pays », lance la militante féministe.

Selon Olga Benoît, l’occupation va de pair avec la domination étrangère et la violence faite aux femmes.

D’après des accords signés par Haïti, les militaires onusiens jouissent d’une certaine immunité. Olga Benoît pense que de tels accords contribuent, à n’en pas douter, au renforcement du règne de l’impunité. Pour remédier à cette situation, elle appelle à la responsabilité de l’Etat haïtien.

« L’impunité, il faut la combattre à l’échelle nationale et internationale et nous prenons clairement position contre cette immunité », indique la dirigeante de la Sofa qui réclame « justice et réparation pour les victimes ».

Le Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes (Fanm Yo La) est sur la même longueur d’onde que la Solidarité des femmes haïtiennes. Fanm Yo La rappelle que « le viol est un crime puni par la loi haïtienne ».

« Nous demandons à l’Etat haïtien de prendre des mesures de punition urgentes à l’encontre de ces violeurs, selon la loi, en vue de permettre aux victimes de trouver justice et réparation », écrit l’organisation féministe dans une note transmise à AlterPresse.

De telles mesures, estime Fanm Yo La, pourront bien décourager les autres militaires onusiens à commettre des abus sexuels sur les femmes et filles haïtiennes.

« Rapatrier les coupables sans être jugés, c’est donner carte blanche aux autres violeurs », estime le Collectif.

Pour commettre leur forfait, rappelle la Solidarité des femmes haïtiennes, les soldats sri lankais auraient déboursé 5 dollars américains pour avoir des relations sexuelles avec des mineures haïtiennes.

Dans la majorité des cas, ces actes auraient été répertoriés dans le quartier pauvre de Martissant situé à la sortie sud de Port-au-Prince. [do rc apr 06/11/2007 13:30]