20 millions de dollars canadiens pour le développement local en Haïti

P-au-P., 1 oct. 07 [AlterPresse] --- Le Programme de développement local en Haïti (Pdlh), une initiative financée par l’Agence canadienne pour le développement international (Acdi), à hauteur de 20 millions de dollars canadiens sur 5 ans, vient d’être inaugurée à Port-au-Prince, a constaté AlterPresse.

Le Pdlh développe des activités en matière d’appui institutionnel au ministère de l’intérieur et à celui de la planification, de financement de programmes intégrés de développement (10 millions), de recherche, de formation et de promotion de l’entreprenariat, indique Gervais Lheureux, directeur de ce nouveau programme canadien en Haiti.

Le Pdlh conçoit le développement comme « un processus de valorisation des ressources locales, particulièrement les ressources humaines », selon ce que déclare son directeur lors d’une cérémonie de présentation, le 27 septembre, à Pétion-Ville (périphérie est).

Le programme est mis en place par un consortium comprenant 4 institutions canadiennes : le Centre d’étude et de coopération internationale (Ceci), la société d’experts-conseils en coopération internationale Crc-Sogema, l’Ecole nationale d’administration publique (Enap) et la Société de coopération pour le développement international (Socodevi).

Gérard Coté, du Ceci, estime que le Pdlh entre dans le cadre d’une démarche nouvelle en Haiti. « C’est le seul projet de développement local qui a des ramifications aussi bien sur le terrain que dans les ministères », déclare-t-il à AlterPresse. Selon lui, le travail se développe « à la fois en haut et en bas, ainsi que sur la systématisation ».

« Depuis 1997, les plans de développement tournent surtout autour de la construction d’infrastructures. Aujourd’hui, il est aussi question d’activités économiques », souligne-t-il.

Le Pdlh và appuyer l’État haïtien pour qu’il puisse jouer son rôle, promet Gérard Coté. Il pense cependant que l’Etat doit aussi allouer des fonds budgétaires au développement local et faire preuve de volonté politique. « Nous ne pouvons pas financer la volonté politique », prévient-il.

Jean Mercier Prophète, cadre du ministère de la planification, salue l’aide canadienne en développement local, qu’il qualifie de « substantielle ».

Stanley Joseph, chef de cabinet du ministre de l’intérieur, croit que le Pdlh peut jouer un rôle important à l’avenir, car « il y a un grand besoin de leadership au niveau local ».

Francois Montour, directeur de l’Acdi en Haiti, considère qu’il y aura « un travail énorme à faire » dans les 4 à 5 prochaines années, dans le domaine du développement local en Haiti. Il parle de « gros défi », dans la mesure où ce programme doit pouvoir contribuer « à la stabilité et la reconstruction à long terme ». [gp apr 01/10/2007 18 :00]