Haïti : Promesses d’achèvement, en automne 2008, de la route P-au-P/Mirebalais

Mirebalais (Haïti), 18 oct. 07 [AlterPresse] --- Les 43 kilomètres de la route à grande vitesse Port-au-Prince/Mirebalais, en construction depuis avril 2006, devraient être achevés en août 2008 et ouvrir ainsi des perspectives économiques pour l’ensemble du centre d’Haïti, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

C’est l’assurance qu’ont tenté de donner les différentes parties impliquées dans la réfection de cette route, au cours d’une rencontre d’information tenue le mercredi 26 septembre 2007 à Mirebalais, à l’initiative du Conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane).

« Le tronçon Port-au-Prince / Mirebalais devrait être couvert en 45 minutes à l’issue des travaux », promet l’ingénieur haïtien Hervé Day, directeur des projets à la firme de construction espagnole Elsamex, devant plusieurs journalistes dont un reporter d’AlterPresse.

Selon Day, invité par le Conhane à la rencontre d’information du 26 septembre, les premiers 21 kilomètres, passant par le morne à Cabris pour arriver à Terre Rouge, devront être accomplis d’ici au 31 janvier 2008. Le début du mois d’octobre 2007 devrait coïncider avec la pose des premières couches d’asphalte, dont une planche d’essai a été effectuée le 26 septembre 2007.

Laissant Bon Repos (nord de la capitale), la première partie de la route représenterait, en importance, les ¾ des travaux à accomplir sur le tronçon total par l’entreprise de construction. La deuxième partie Terre Rouge / Mirebalais devrait être entamée fin octobre 2007, suivant une prévision de cadence supérieure à la première partie, laquelle accuse des retards dus à des problèmes internes et externes à l’entreprise Elsamex.

Des doutes persistants

Echaudés par l’échec des travaux entrepris (1997-1998) sur la route du Plateau central par une firme européenne, habitants, élus du Plateau central ainsi que journalistes restent sceptiques sur les promesses avancées, malgré les pressions faites et annoncées par le ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc) pour faire respecter le délai d’exécution des travaux qui auraient dû prendre fin au plus tard en avril 2008.

« Ce qui intéresse le ministère des travaux publics, ce ne sont pas les promesses, mais les résultats. C’est pourquoi, nous avons envoyé une lettre de mise en garde à la firme d’exécution sur les délais [de livraison] à respecter », indique l’ingénieur Raymond Délinois du Mtptc.

Tout en recommandant aux riverains d’éviter les interférences et conflits, l’ingénieur Raymond convie la population à supporter le ministère dans ses démarches de vigilance sur l’exécution des travaux de la route Port-au-Prince/Mirebalais.

Des pénalités journalières seront appliquées par l’instance responsable, en l’occurrence le Mtptc, reconnaît la firme Elsamex.

Interrogé sur les risques possibles de connivence entre l’entreprise de construction et l’entreprise de supervision, l’ingénieur Hervé Day, visiblement sur la défensive, a utilisé, en guise de réponse, des propos un tantinet agressifs et jugés scandaleux par l’assistance, composée, entre autres, de représentantes et représentants d’organisations de Mirebalais, ainsi que d’une délégation de journalistes en provenance de la capitale.

La sénateure Edmonde Supplice Beauzile et le député Jean-Claude Lubin de Boucan Carré/Mirebalais, qui ont fait le voyage en direction de Mirebalais, ont affirmé péremptoirement à l’ingénieur Day n’avoir pas du tout apprécié ses remarques considérées comme un refus de transparence à la rencontre d’information et de plaidoyer du 26 septembre.

Essayant de calmer l’apparence de tension qui planait dans la salle, l’ingénieur Délinois précise que les rapports d’évaluation des travaux soumis par la firme de supervision sont successivement analysés par le ministère des travaux publics, le bureau de l’ordonnateur national et l’Union européenne.

De possibles accointances nécessiteraient une complicité de toutes les parties impliquées. Au cas où des contestations surviennent, de l’une ou l’autre des parties, pendant le processus, il faut aboutir à un autre rapport, ajoute-t-il.

Hervé Day s’inscrit en faux contre d’éventuels mauvais traitements à l’égard des employés haïtiens (335 nationaux et 54 expatriés) parmi le personnel d’Elsamex. Dans la phase de recrutement pour les travaux de réfection de la route, beaucoup de postulants haïtiens n’ont pas été retenus, faute d’aptitude sur le matériel roulant qui allait être utilisé, fait-il savoir.

Cette volonté de transparence semble avoir guidé le Conhane dans l’organisation de cette rencontre, appelée à prévenir de nouvelles frustrations chez la population dans le cadre des attentes sur la qualité de la route principale en direction du Plateau central, relève le maire de Mirebalais Lochard Laguerre.

Cependant, des interrogations demeurent quant au devenir des marchandes et autres petits commerçants du marché public de Terre Rouge et d’autres marchés publics qui côtoient la route Port-au-Prince/Mirebalais. De même, sans oublier les panneaux de signalisation ni les postes de police, il conviendra de prévoir des systèmes d’adduction d’eau potable pour les habitantes et habitantes de Terre Rouge et d’autres localités proches de la route.

« Enfant, je me rendais de Mirebalais à Port-au-Prince sur une route asphaltée », se rappelle le maire Laguerre qui invite à la cohésion et à la concertation, en écartant les frictions.

D’une longueur de 43 kilomètres et d’une largeur de 7 mètres, d’un accotement prévu de 1.5 m, la route P-au-P/Mirebalais en cours de réparation a bénéficié d’un don de 34 millions d’euros (environ 44 millions de dollars américains) du fonds européen de développement (Fed).

Bien avant le terme des travaux, les autorités devront penser à un système de contribution (droit de péage et autres) pour assurer l’entretien et la pérennité de la route, estiment les différentes parties impliquées dans la rénovation du tronçon Port-au-Prince /Mirebalais [rc apr 18/10/2007 09 :00]