Haïti-MINUSTAH : Edmond Mulet fait ses adieux

P-au-P, 23 août 07 [AlterPresse] --- Le diplomatique guatémaltèque Edmond Mulet, chef civil de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), a fait ce 23 août 2007 ses adieux publics à Haiti.

Rencontrant la presse avant de laisser prochainement la Mission, Edmond Mulet a relevé quatre éléments indispensables, selon lui, à la bonne marche de la société haïtienne.

Il a mentionné l’établissement de l’Etat de droit par le renforcement des institutions et la réforme de la justice et de la police, la résolution des divergences politiques à travers un dialogue constructif, l’implication des citoyens dans la construction d’une Haïti équitable, en paix et sur la voie du développement durable, ainsi que la contribution des journalistes.

Après avoir passé 14 mois à la tête de la mission onusienne, Edmond Mulet invite les Haïtiens à saisir les opportunités qui leur sont présentées afin d’avancer ensemble.

« J’insiste sur le mot ensemble (…) comme le rappelle la devise de ce pays, l’Union fait la force, c’est donc ensemble que vous parviendrez à travailler pour la stabilité et la prospérité d’Haïti », a déclaré Edmond Mulet à la conférence hebdomadaire de la Minustah.

Le représentant sortant du secrétaire général des Nations Unies en Haïti se dit satisfait de ses réalisations à la tête de la mission onusienne. Mulet déclare partir « enrichi par la connaissance d’un peuple merveilleux, généreux et créatif. Un peuple bon, qui mérite un destin meilleur, un destin aussi brillant que son histoire ».

Edmond Mulet sera succédé, dès le 1er septembre 2007, par le tunisien Hédi Annabi qu’il remplacera comme Sous-secrétaire aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Mulet a tenu à préciser que la mission de l’Onu a pour mandat d’« appuyer et accompagner les autorités haïtiennes pour renforcer la démocratie, affermir les institutions et établir l’Etat de droit ».

« Notre mission prioritaire est d’appuyer un gouvernement légitime dans son combat pour rétablir la paix et la sécurité, conditions indispensables pour le développement durable », a rappelé le chef civil sortant de la Minustah qui salue la décision des investisseurs et de la diaspora haïtienne de s’intéresser au pays.

L’engagement du gouvernement haïtien de lutter contre la corruption, la contrebande, le narcotrafic et l’impunité, est aussi salué par Edmond Mulet qui estime que cela est nécessaire à l’établissement de cet Etat de droit.

« Il faut s’attendre à ce que ces efforts pour normaliser la situation, pour amorcer un changement (…) attendu et nécessaire, rencontre des résistances de la part des groupes et individus qui, jusqu’à présent, ont profité de l’impunité », a prévenu le diplomate Mulet.

Le chef civil sortant de la mission de l’Onu affirme que là où règnent l’instabilité, le conflit et la polarisation, il ne peut y avoir d’investissement à long terme ni de progrès durable.

Citant le président René Préval, Edmond Mulet signale que depuis 1986, c’est la première fois qu’Haïti jouit d’une relative stabilité politique, une stabilité fragile qui mérite d’être renforcée à tout prix. Le diplomate onusien croit que la Minustah a joué un rôle important dans cette stabilité.

Le mandat de la mission de l’Onu arrive à terme le 15 octobre prochain avec possibilité de renouvellement pour une période d’un an, sur proposition du Secrétaire général des Nations Unies, le sud-coréen Ban Ki-Moon.

Dans le cadre de ce renouvellement, Mulet souhaite que l’ONU contribue à renforcer le contrôle des frontières maritimes et terrestres, des ports et des douanes d’Haïti, tout en développant les capacités de la garde côtière. [do apr 23/08/2007 14 :10]