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Ban Ki Moon plaide en faveur d’un renouvellement d’un an du mandat de la MINUSTAH

Préval appelle à une redéfinition du mandat de la force onusienne

P-au-P., 1 août. 07 [AlterPresse] --- Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a annoncé ce 1er août à Port-au-Prince qu’il recommandera en octobre prochain une prolongation de 12 mois du mandat de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH).

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président René Préval au palais présidentiel, Ban Ki Moon s’est engagé à promouvoir un « engagement à long terme » de l’ONU en Haïti « pour fournir au peuple haïtien les occasions de réussite qu’il mérite ».

« La communauté internationale ne doit pas s’écarter de ce droit chemin et laisser les trouble-fête miner les progrès d’Haiti », a insisté Ban Ki Moon.

« Le temps est venu de reconstruire les institutions qui ont été détruites par des années de malfaisance, de corruption, de violence et de les renforcer de façon à ce que l’État puisse fournir les services que le peuple attend », s’est-il exclamé, en assurant que les Nations-Unies ne laisseront pas Haïti « tant que l’avenir ne sera pas assuré ».

La position du secrétaire général de l’ONU a été soutenue par Préval. Il a fait valoir que les Haitiens n’apprécient pas la présence de troupes étrangères sur le sol d’Haïti, mais ils ne veulent pas non plus que la MINUSTAH s’en aille « tout de suite ».

« Nous devons assumer notre situation, assumer que nos capacités sont faibles et que nous avons besoin d’aide », a soutenu Préval, qui a critiqué au passage « un nationalisme de mauvais aloi ».

Toutefois, Préval a appelé à redéfinir le mandat de la MINUSTAH, en mettant l’accent sur des tâches d’appui au développement du pays.

Durant la conférence de presse, le numéro 1 de l’ONU s’est déclaré « heureux » de constater les efforts consentis par l’administration Préval. Il a félicité Preval et son premier ministre, Jacques Edouard Alexis, pour leur « leadership » dans le processus de dialogue et des dispositions prises pour « créer une culture politique basée sur le consensus et la participation de tous les secteurs de la nation », ce qui est « essentiel pour la stabilité politique dans ce pays ».

Ban Ki Moon a salué également l’amélioration de la sécurité et a souligné l’importance de consolider cet acquis de même que les progrès enregistrés dans la construction de l’État de droit. Tel est, selon lui, une « priorité » du mandat de la MINUSTAH.

Malgré le succès dans le démantèlement des bandes armées qui semaient le deuil en Haiti, « les améliorations opérationnelles demeurent fragiles », a reconnu Ban Ki Moon. Pour garantir leur durabilité, il faut que la Police Nationale d’Haïti renforce ses capacités à assurer l’ordre et faire respecter la loi, a-t-il souligné.

Sur ce point « les Nations Unies se sont engagées à aider », a assuré Ban Ki Moon. Il a relevé que la MINUSTAH a la capacité d’appuyer le développement de l’institution policière « afin de fournir un service de police efficace au peuple d’Haïti ».

Il a qualifié d’« éléments clef » de la réforme de la police le processus de présélection des agents et le programme interne de l’Inspecteur Général de la police, Fritz Jean.

Le secrétaire général de l’ONU a aussi reconnu « l’importance de l’initiative des autorités nationales en matière de réforme judiciaire ». Il est « fondamental » de démontrer que des pratiques de corruption au sein de l’appareil judiciaire « ne seront pas tolérées », a-t-il martelé.

Ban Ki Moon a promis également l’aide des Nations Unies dans le processus de prochaines élections législatives partielles en Haïti et dans les travaux pour créer des conditions d’application d’une stratégie nationale de développement des quartiers pauvres des grandes villes.

En oûtre, le secrétaire général des Nations Unies à « pleinement appuyé » le président Préval dans sa lutte contre la corruption. Il s’agit d’une question « fondamentale » et « très sérieuse » à traiter pour effectuer des progrès. Il a encouragé le gouvernement à entreprendre « une campagne nationale contre la corruption ».

Le jeudi 2 août, le secrétaire général de l’ONU visitera Cité Soleil, quartier pauvre et longtemps volatile du nord de la capitale. Il se rendra également au Parlement et aura un entretien avec des responsables de divers secteurs civils.

Ban Ki Moon laissera Port-au-Prince en début d’après-midi pour la Barbade. [gp apr 01/08/2007 21:00]