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Haïti : La pratique du lynchage dénoncée par la MINUSTAH

P-au-P, 27 Juil. 07 [AlterPresse] --- Le responsable de la section des droits humains à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), Thierry Fagart, dénonce le lynchage, il y a une dizaine de jours, de deux personnes à Pont Sondé, à quelques kilomètres de la ville de Saint-Marc (Nord).

Selon Thierry Fagart, ces personnes circulant à moto se rendaient à un mariage lorsqu’elles ont été lynchées innocemment par la population en réaction au rançonnement de passagers qui se trouvaient la veille dans un véhicule de transport public.

« On les a arrachés parce qu’on les a soupçonnés de bandits », explique Thierry Fagart qui intervenait, le 26 juillet, à la conférence hebdomadaire de la Minustah. Ces deux victimes, souligne-t-il, ont été « exécutées sommairement à coup de pierre et à coup de bâtons ».

Une délégation de la section des droits humains de la Mission onusienne s’est rendue sur les lieux pour déterminer les circonstances de ce crime, précise Thierry Fagart qui martèle qu’ « on a atteint des victimes parfaitement innocentes ».

Dans le cadre de l’enquête ouverte autour de ce dossier, Fagart informe que la police a appréhendé 10 personnes. « Sur les 10 personnes arrêtées par la police, il ne reste aujourd’hui – et on espère qu’il le restera – une en situation de garde à vue.

Le lynchage est « une espèce de faux procès. C’est un procès expéditif (…) Le lynchage n’est pas la justice ; c’est un assassinat », estime le responsable de la section droits humains à la Minustah.

Fagart déclare qu’il est temps que la population prenne conscience de la gravité de ce phénomène. Car, selon lui, ceux qui ont recours à cette pratique, ne sont pas des magistrats.

Thierry Fagart juge anormal que, sur un simple soupçon, des gens décident d’exécuter sommairement des citoyens. « Il est important que la presse s’attache à ce type d’affaire, il est important que tous ensemble nous démarrions une campagne nationale pour essayer de faire comprendre aux potentiels auteurs que le lynchage n’est pas la justice », insiste-t-il.

Fred Blaise, porte-parole de la Police des Nations Unies (Unpol) invite la population à ne pas profiter d’une simple rumeur pour exécuter sommairement des personnes. Blaise demande à la population de remettre à la police toutes les personnes suspectées de participation dans des actes criminelles au lieu de procéder à leur exécution sommaire. [do gp apr 27/07/2007 11 :00]