Haïti/Littérature : Explication sur la spirale de l’écrivain Frankétienne

P-au-P, 26 juil. 07 [AlterPresse] --- La notion de spirale, courant de pensée forgé par l’écrivain et dramaturge haïtien Frankétienne, est considérée comme une tentative de trouver le mouvement infini de la vie, une tentative de saisir ce mouvement à travers des structures chaotiques, un approfondissement du matérialisme dialectique, suivant les explications généralement fournies par l’intéressé et d’autres écrivains.

Cette notion a récemment attiré l’attention de journalistes culturels, littérateurs latino-américains, qui ont profité du passage de Frankétienne lors de la quatrième édition du Festival Mondial de la Poésie déroulé, en mai 2007, au Venezuela, d’après les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.

Pour Frankétienne, la notion de spirale représente le côté esthétique de l’ambiguïté, du labyrinthe et de la diversité. C’est le côté esthétique du chaos, tout le monde reconnaît la notion de spirale comme une réalité scientifique.

Difficiles à décrire, la spirale serait des structures présentes dans la nature.

« Il existe, dans la macrophysique, dans le mouvement des galaxies, des cyclones ; et dans la microphysique dans les êtres qui ont un mouvement bombé, non circulaire, parce que le cercle c’est la mort », explique l’éminent écrivain haïtien.

Frankétienne affirme avoir demandé, il y a quarante ans, pourquoi ses collègues n’utilisaient pas la spirale dans leurs œuvres artistiques et littéraires.

« La ligne droite n’existe pas, et la théorie de la relativité d’Einstein ont montré que la spirale constitue l’essence de tous les phénomènes vitaux. Dans mes livres, je reconnais qu’ils ne sont pas accessibles à tout public, parce qu’ils sont sophistiqués ; donc la spirale permet le mélange de tous les types », précise Frankétienne, auteur d’une quarantaine d’ouvrages.

Frankétienne indique que les maisons d’éditions refusaient de publier ses œuvres, quand il a commencé à écrire. Aujourd’hui, ses livres sont édités partout, notamment à Paris.

Frankétienne dit qu’il y a en Haïti, une minorité de lecteurs, le taux d’analphabétisme est très élevé. Dans tout ça, « l’aspect positif est que je puis écrire ce que je veux, je n’ai pas la pression du lecteur, mais c’est un pays d’oralité », souligne-t-il.

Frankétienne est l’auteur du premier roman haïtien écrit en Créole « Dezafi », traduit en Français sous le titre de « Les Affres d’un défi ».

Récipiendaire de plusieurs prix internationaux, Frankétienne admet que la lutte pour la liberté est encore présente en Haïti « parce qu’il y a pauvreté, injustices, exclusion ». [do rc apr 26/07/2007 0:00]