Haïti : La DEA toujours aux trousses de trafiquants de drogue

P-au-P, 24 Juil. 07 [AlterPresse] --- Après les Gonaïves (Nord) et les Cayes (Sud), les opérations de l’agence américaine de lutte contre le narcotrafic [Drug enforcement agency, Dea] se sont dirigées vers le Cap-Haïtien (Nord) où de nombreux trafiquants de drogue seraient à pieds d’œuvre.

Durant le week-end allant du 20 au 22 juillet 2007, deux personnes suspectées d’implication dans le trafic de la drogue ont été arrêtées dans un salon de beauté. La première est un ancien policier et la seconde, un amateur de navires.

Selon des correspondants de presse, ces individus gardés à vue jusque dans la soirée du 22 juillet ont par la suite été relâchés. Les agents de la Dea et ceux de la Brigade haïtienne de lutte contre le trafic de la drogue (Blts) s’étaient trompés de cible.

Ces opérations menées dans la ville du Cap ont été confirmées, le 23 juillet 2007, par le premier ministre Jacques Édouard Alexis tout en précisant que des trafiquants de drogue sont activement recherchés au Cap-Haïtien, où de nombreux dealers de drogue ont été appréhendés par la Dea et la Blts depuis la signature d’un accord entre Haïti et les Etats-Unis d’Amérique en 1997.

C’est aussi le 23 juillet que Guy Philippe, ancien candidat à la présidence, ex commissaire de police et chef de la rébellion armée contre l’ex président Jean Bertrand Aristide, est sorti de son silence, une semaine après une perquisition musclée de la Dea et du Blts en sa résidence à Bergeau (Cayes).

« Cela n’a rien à voir avec la drogue. Autrefois quand on voulait éliminer quelqu’un on l’accusait d’être communiste, aujourd’hui on vous accuse d’être terroriste ou trafiquant de drogue », a indiqué Philippe dans un message préenregistré distribué à des stations de radio de la capitale.

Selon Guy Philippe, sa femme [de nationalité équatorienne] a été molestée par ces « hommes armés », et ses enfants traumatisés. Il estime que les gens qui menaient cette opération voulaient l’assassiner et non l’appréhender.

« Je souligne à l’attention de tout le monde, y compris le président René Préval et la Police nationale, que je rentre vivre chez moi à Bergeau paisiblement avec ma famille. Si l’on me reproche quoi que ce soit, je suis prêt à me rendre devant n’importe quel tribunal », soutient l’ancien commissaire de police en exigeant des « preuves tangibles » de son implication dans le narcotrafic.

« Les Américains ne peuvent pas me rechercher puisqu’ils m’avaient donné un visa d’entrée aux USA en 2006 », a déclaré le responsable du parti Front de reconstruction nationale (Frn).

Ces derniers jours, 3 présumés narcotrafiquants : l’homme d’affaires Lavaud François, Bernard Piquion alias « Fusil de bois » et Raynald Saint-Pierre, ancien lieutenant des Forces armées d’Haïti, arrêtés en Haïti ont été extradés vers les États-Unis.

Le procureur de la République, Claudy Gassant, doit participer à l’audition aux Etats-Unis d’Amérique des presumes dealers de drogue arrêtés en Haïti, selon le président René Préval qui en a fait l’annonce le 20 juillet dernier. [do gp apr 24/07/2007 22:40]