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La circulation automobile, un casse-tête à Port-au-Prince

Port-au-Prince, 18 juil. 03 [AlterPresse]--- La circulation automobile à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, devient de plus en plus un casse-tête.

« Je me lève à cinq heures du matin pour pouvoir arriver à huit heures à la factory (usine de sous-traitance). Il est encore plus difficile de rentrer le soir : les camionnettes sont surchargées et parfois je passe plus de deux heures dans un embouteillage », explique un habitant de Martissant, à la sortie sud de Port-au-Prince.

Elèves, étudiants, petits et gros commerçants, employés divers, fonctionnaires, chauffeurs de véhicules publics et privés, professionnels toutes catégories, se plaignent de la congestion quotidienne de la plupart des artères.

Pour les automobilistes empruntant les routes de Carrefour (périphérie sud), Delmas (périphérie nord-est) et Lalue (centre), la circulation multiplie les cauchemars de la vie quotidienne.

Un chauffeur de transport en commun assurant le circuit Carrefour-CentreVille raconte, sur un ton lassant, ses péripéties : « Autrefois avec ma camionnette, je pouvais gagner ma vie, payer l’écolage de six enfants et le loyer. Aujourd’hui, à cause de l’embouteillage qui réduit le nombre de voyages, c’est à peine si je trouve à manger ». Le chauffeur ajoute que l’embouteillage est le résultat de l’élargissement de ce secteur d’activité, alors que les chauffeurs ne sont ni formés ni recyclés.

La centralisation des activités commerciales et économiques, dans la principale ville de la d’Haïti, où vivent plus de 2 millions d’habitants, est l’une des causes des embouteillages monstres dans plusieurs artères à longueur de journée.

Cette situation encourage cependant certaines activités informelles, notamment la vente ambulante. Des petits détaillants expliquent que l’embouteillage leur donne le temps d’offrir leurs marchandises aux passagers. Ainsi gagnent-ils leur vie.

Selon les vendeurs ambulants interrogés par AlterPresse, quand il y a peu d’encombrement sur la route, ils sont obligés de monter dans les Bus pour offrir leurs produits. Une plus grande dépense d’énergie, précisent-ils.

Même que certaines fois, des chauffeurs, en complicité avec certains commerçants, provoquent l’embouteillage, raconte-t-on. « Si les gens roulent à grande vitesse, ils n’auront pas le temps de voir mon enseigne », corrobore un petit commerçant, sans se soucier du fait qu’a des moments d’urgence, une voie libre peut sauver des vies. [rv apr 18/07/2003 22:16]