Haiti-Rép. Dominicaine : La nécessité d’aider les migrants haïtiens à avoir un statut légal

Par Wooldy Edson Louidor, Envoyé special

Santo Domingo, 14 mai. 07 [AlterPresse] --- “L’absence de statut légal et la discrimination sont les deux problèmes majeurs auxquels les migrantes et migrants haïtiens sont confrontés en République Dominicaine », soutient Arbuste Victor, président de l’Association pour le Respect de la Dignité Haïtienne (en espagnol, Asociación para el Respeto de la Dignidad Humana –ASOREDHA-), dans une interview accordée à AlterPresse.

Selon le leader de cette organisation de migrants haïtiens basée à Santo Domingo, l’absence de statut légal ou de documentation migratoire légale constitue la cause fondamentale de la discrimination, de l’exploitation laborale et de toutes les péripéties qu’ont connues les migrantes et migrants haïtiens sur le territoire dominicain.

De l’avis de Victor, lui aussi migrant haïtien vivant depuis plus de cinq ans en République Dominicaine, « les organisations qui travaillent en faveur des migrants haïtiens doivent aider ceux-ci à avoir leurs papiers ».

Pour sa part, Francis Faroutine, président du Réseau des Associations de Migrants en République Dominicaine (en espagnol, Red de Asociaciones Inmigrantes en República Dominicana –REDAHIRD-), insiste sur la nécessité de localiser les migrants haïtiens qui arrivent sur le territoire dominicain, de les accompagner, de leur apprendre à connaître leurs droits et devoirs et de les aider à s’intégrer progressivement dans la société d’accueil.

Faroutine fait aussi remarquer que bon nombre de ces migrants proviennent de communautés très reculées en Haïti et ont été victimes de trafic. Donc, une fois arrivés en République Dominicaine, ils se trouvent éparpillés dans plusieurs localités, vivant en clandestinité par peur d’être appréhendés et déportés par les autorités dominicaines.

Il déplore que cette dispersion des migrants haïtiens rend de plus en plus difficile le travail des associations de migrants haïtiens dont l’objectif principal est d’ « articuler et unir les migrants afin de les accompagner, de leur donner de la formation et de les mobiliser ».

Il estime que certaines organisations non gouvernementales, qui disent travailler en faveur des migrants haïtiens, n’aident pas véritablement les associations de migrants à se consolider, à grandir et à devenir autonomes.

Les leaders des associations de migrants haïtiens en République Dominicaine, qui ont été contactés par AlterPresse, souhaitent que l’actuel Gouvernement haïtien prenne en compte la situation difficile des compatriotes sur le territoire voisin et cherche à l’améliorer en écoutant et satisfaisant leurs doléances.

Ils insistent aussi sur la nécessité de la nomination en République Dominicaine de représentants diplomatiques qui soient proches des migrants et capables de leur offrir de façon adéquate les multiples services dont la communauté migrante haïtienne a besoin.

Les associations de migrants haïtiens qui sont de plus en plus nombreuses en République Dominicaine réalisent un travail d’accompagnement et de formation auprés de la communauté haïtienne.

Elles constituent aussi un espace d’articulation et un point d’intersection où les migrants haïtiens échangent leurs points de vue, discutent de leurs problèmes et difficultés, cherchent des voies de solution, se solidarisent les uns avec les autres et valorisent leur apport à la société dominicaine.

À l’occasion de la Fête du Travail, le REDAHIRD, réseau regroupant environ 25 organisations et revendiquant 12 000 membres haïtiens, a organisé au Centre Bonó, à Santo Domingo, une Foire où des produits chimiques, des oeuvres d’artisanat et d’art ainsi que d’autres produits créés par les migrants eux-mêmes, ont été exposés. [wel gp apr 14/05/2007 15 :00]