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Haïti : Des responsables étatiques pointés du doigt dans le naufrage d’un navire

Bilan provisoire de 15 morts et plus de 40 blessés

P-au-P, 27 Avril 07 [AlterPresse] --- Des responsables étatiques, dont du Service maritime et de navigation d’Haïti (Semanah), sont pointés du doigt dans la catastrophe maritime survenue le 24 avril à Jérémie (Grande Anse, Sud-Ouest) accusant un bilan provisoire d’une quinzaine de morts et de plus de 40 blessés, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Dans la Cité des Poètes (Jérémie), le naufrage de ce ferry provoque l’indignation de plusieurs secteurs signalant que des habitants et des agents d’hygiène publique ont l’habitude de verser, en toute quiétude, à la mer, des ordures ménagères.

Certaines autorités locales attribuent cette catastrophe à l’irresponsabilité de l’Etat qui n’a jamais arrêté de mesures visant la protection du wharf de Jérémie construit depuis le début des années 1980, sous la dictature de Jean-Claude Duvalier.

Des flèches sont également lancées en direction des ministères de l’environnement et des travaux publics qui observent un silence qualifié de complice quant à l’entretien de ce quai.

Le Semanah semble jusqu’à présent se laver les mains face aux soupçons d’irresponsabilité, indiquant avoir rempli convenablement sa mission.

La catastrophe maritime du bateau « Le Lazarus », survenue en début de semaine à Jérémie, a déjà fait au moins quinze morts et près d’une cinquantaine de blessés, annonce, le 26 avril 2007 à la presse, la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah).

« Selon le bilan qui nous a été communiqué, 15 morts et 49 blessés ont été repêchés. Plus de 150 personnes avaient été projetées à la mer par le Lazarus lors de la manœuvre de désensablage de ce bateau marchand », informe Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole de la mission.

La population de Jérémie et des zones environnantes est plongée dans l’angoisse depuis
l’accident maritime du Lazarus le mardi 24 avril 2007.

« La rupture d’une corde tirée par un bateau voisin aurait entraîné le Lazarus à fortement tanguer, provoquant l’injection des passagers dans la mer et la panique de la foule qui était rassemblée sur le quai à 75 mètres de la scène », explique Sophie Boutaud de la Combe.

Selon la porte-parole civile de la mission de l’ONU, les premières victimes ont été évacuées par les policiers haïtiens aidés des agents de la Police des Nations Unies (UNPOL). Dans la foulée, un Cordon de sécurité a été installé.

Sous le premier mandat de René Garcia Préval comme chef d’Etat (1996 – 2001), un bateau dénommé « La Fierté gônavienne » a coulé, provoquant la mort de nombreuses personnes.

En 1993, durant la période du coup d’Etat militaire ayant porté en exil le président d’alors Jean-Bertrand Aristide, le bateau Neptune assurant le trajet Jérémie/Port-au-Prince avait fait naufrage, causant ainsi la mort de plusieurs centaines de personnes.

Pour faire la navette entre Jérémie et la capitale, plusieurs résidents ainsi que différents professionnels de la Grande Anse empruntent la voie terrestre, malgré le mauvais état du tronçon Jérémie/Port-au-Prince, en passant par les Cayes (Sud). D’autres préfèrent voyager en avion grâce à des compagnies locales qui assurent des vols réguliers en direction et en provenance de la Grande Anse. [do rc apr 27/04/2007 10 :40]