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Haïti : Victimes silencieuses du « Carnaval Solèy Leve » 2007

Au moins une cinquantaine de femmes et de filles violées, selon le ministère à la condition féminine

P-au-P, 1 mars 07 [AlterPresse] --- Environ une cinquantaine de filles et femmes victimes de viol durant le carnaval 2007, baptisé Solèy Leve (Le Soleil se lève), ont été soignées par l’équipe médicale du comité organisateur de ce carnaval qui a drainé plusieurs centaines milliers de personnes.

« Parmi les 800 victimes, dont parle la police nationale, nous avons des viols également qui sont enregistrés. Pour le moment, nous parlons à peu près d’une cinquantaine de viols. Nous attendons d’autres chiffres des organisations de femmes pour qu’on puisse finaliser », a déclaré à AlterPresse la ministre à la condition féminine, Marie Laurence Jocelyn Lassègue.

La ministre à la condition féminine déplore ces incidents enregistrés durant les trois jours gras, allant du 18 au 20 février 2007, en dépit du fait que des mesures gouvernementales aient été prises en vue de limiter les dégâts.

Des informations, dont dispose AlterPresse, laissent croire que certaines jeunes filles violées durant le carnaval ont été contraintes de consommer de l’alcool en grande quantité par des violeurs avant d’accomplir leur forfait.

D’autre part, dans des recoins du Champ de Mars, site de l’évènement, des scènes de rapports sexuels ont été observées, rapportent des témoins.

Des messages de sensibilisation, contre la propagation du Sida et contre les stéréotypes sexuels, ont été véhiculés durant les trois jours gras.

« Nous avons constaté que 99% des groupes (musicaux) ont eu à répéter des slogans contre la violence en général et contre la violence spécifique (qui touche les femmes et les filles) », a relevé Marie Laurence Jocelyn Lassègue.

Selon la Ministre, cette campagne contre les stéréotypes sexuels va continuer durant toute l’année 2007 « pour éviter que nous ayons des vidéo-clips pornographiques qui encouragent cette violence ».

Les femmes violées constituent la catégorie de « victimes silencieuses » de la société haïtienne.

De juillet à décembre 2006, l’organisation féministe Solidarite Fanm Ayisyen (SOFA) a accueilli quelques 396 femmes et filles âgées de 3 à 65 ans dans ses différents centres, indique l’association.

« Elles sont victimes de toutes sortes d’abus relatifs à la situation de violence structurelle et politique ciblant les femmes dans la société haïtienne », écrit la SOFA dans un récent rapport. [do gp apr 01/03/2007 05:00]