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Haïti/Sécurité : 20 nouvelles arrestations, liées aux activités de gangs à Cité Soleil

3 des chefs de gangs de Cité Soleil recherchés toujours en cavale

P-au-P, 22 Fév. 07 [AlterPresse] --- Les casques bleus de la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (MINUSTAH) ont mis la main au collet de 21 personnes, dont 14 recherchées par la police, au cours d’une nouvelle opération conduite le 20 février (dernier jour gras du carnaval 2007) à Cité Soleil, grande agglomération à la sortie nord de la capitale sous attaque onusienne contre les gangs depuis décembre 2006.

« 21 individus ont été appréhendés, 14 d’entre eux étaient des criminels recherchés ».

Ils ont été, par la suite, remis à la Police nationale d’Haïti (PNH), pendant cette opération où plus de 700 casques bleus ont été mobilisés, précise, ce jeudi 22 février 2007, Laurie Avarello, porte-parole militaire américaine de la mission onusienne, au cours d’une conférence de presse à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Auparavant, dans la soirée du dimanche 18 février 2007, le présumé chef de gang Johnny Pierre Louis dit « Ti Bazil » a été arrêté « au cours d’une patrouille des casques bleus brésiliens dans la zone résidentielle de Key Boyle, section de Brooklyn » à Cité Soleil.

Acolyte du chef de gang dénommé Evens, « Ti Bazil » était l’initiateur des fossés creusés dans Cité Soleil pour empêcher les patrouilles des forces de la MINUSTAH de circuler dans ce quartier.

« Son arrestation représente un pas de plus vers le rétablissement de la sécurité, de la paix et de la stabilité, conditions préalables au développement de Cité Soleil », souligne Michèle Montas, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies.

Le présumé chef de gang, Amaral Duclonat, est activement recherché par les soldats de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) et ne pourra, en aucune façon, nuire à la population civile de Cité Soleil, indique Laurie Avarello, faisant le point sur l’opération menée par les casques bleus à la résidence d’Amaral Duclonat dans le quartier de Belekou à Cité Soleil.

« Lors de l’opération, un nouveau poste de contrôle a été établi à Belekou et la résidence d’Amaral Duclonat a été fouillée. Il n’a pas été possible de procéder à l’arrestation d’Amaral. Il ne pourra plus nuire à la population et son réseau de gang a été dissous », ajoute la porte-parole militaire de la MINUSTAH.

« Amaral est en fuite, nous continuerons de le rechercher afin qu’il puisse être traduit à la justice pour les torts qu’il a causés a la population haïtienne », martèle en anglais Laurie Avarello.

Le nouveau mandat de la MINUSTAH, défini le 15 février 2007 jusqu’au 15 octobre 2007 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, demande de maintenir le rythme des opérations pour établir un climat de sécurité à Port-au-Prince.

Selon Laurie Avarello, l’objectif des troupes onusiennes c’est de « permettre l’arrestation des criminels, de confisquer les munitions et de contrôler les endroits qu’ils utilisent pour mener leurs activités de banditisme et d’attaques sur les soldats de la paix ».

« Nous sommes là pour permettre à Haïti d’être autosuffisante en matière de police et justice », rappele, pour sa part, Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole civile de la Mission de l’ONU.

A Cité Soleil, la MINUSTAH affirme être en train de travailler d’arrache-pied pour « établir un climat de sécurité, créer un environnement stable, permettre la présence permanente de la PNH, favoriser les activités humanitaires et reconstruire une société démocratique ».

« Nous continuerons de poursuivre les gangs qui creusent des fossés pour empêcher la circulation des soldats de la paix dans les zones dans le but de commettre des actes de banditisme sur la population et pour les empêcher d’avoir accès au service public », renouvelle la porte-parole militaire de la MINUSTAH.

A en croire Laurie Avarello, des résultats en terme d’amélioration de la situation sécuritaire sont à considérer.

Le terrain de sport, récupéré, de Belekou est utilisé par les « soldats de la paix » pour distribuer de l’eau potable et fournir des soins médicaux à la population locale.

« Nous maintiendrons ces opérations pour un meilleur futur pour Haïti et pour les Haïtiens, pour la sécurisation de tout le territoire du pays, ce qui permettra des progrès significatifs et nous conduira vers une société stable », tente-t-elle de rassurer.

Depuis décembre 2006, les opérations des casques bleus qui se sont intensifiées à Cité Soleil visent exclusivement à « déloger des bandits ».

A date, la PNH et la MINUSTAH sont sans nouvelles des chefs de gangs respectivement nommés Belony, Evens et Amaral Duclonat, toujours en cavale, mais dont les repaires à Cité Soleil ont été récupérés.

Entre-temps, la MINUSTAH fait part de sa volonté, de concert avec la PNH, de maintenir la pression sur les gangs à Martissant, banlieue sud de la capitale sous tension depuis au moins juin 2006. [do rc apr 22/02/2007 13 :00]