Español English French Kwéyol

Haïti : Note encourageante en matière de sécurité alimentaire, selon la CNSA

Actualisé le 2 février 2007 à 9 :00

P-au-P, 31 Janv. 07 [AlterPresse] --- L’année 2006 se termine par une note encourageante en terme de sécurité alimentaire en Haïti, estime la Coordination nationale de sécurité alimentaire (CNSA) dans sa publication de Janvier 2007.

Le bilan pluviométrique a globalement été positif et a favorisé de bonnes productions agricoles dans tout le pays, indique la CNSA. « Les pluies d’août jusqu’à octobre ont été bénéfiques aux principales cultures telles le sorgho et le pois congo qui sont actuellement en train d’être récoltées », fait savoir cet organisme public placé sous tutelle du Ministère de l’agriculture.

Les dernières pluies d’octobre et de novembre 2006, couplées aux actions du Ministère de l’agriculture et du Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) visant la distribution de semences de haricot, ont facilité un début de croissance du haricot dans de nombreuses zones du pays.

La Coordination affirme que la stabilité des prix des produits alimentaires de base que l’on continue d’observer depuis juillet 2006 est un autre facteur positif pour la sécurité alimentaire.

A quelques exceptions près (notamment les plaines basses), la CNSA souligne que l’activité agricole actuelle tourne au ralenti car la période de décembre – mars correspond à la saison hivernale sèche.

La Coordination nationale de sécurité alimentaire laisse croire que les perspectives du premier trimestre 2007 sont bonnes et ceci à cause de « la stabilité continue du taux de change de la gourde par rapport au dollar américain (environ 38 gourdes pour 1 dollar), une légère baisse anticipée pour le prix du pétrole sur le marché international, et de l’amélioration de la sécurité à Port au Prince ».

Les prévisions en matière de pluie pour la principale saison agricole de mars à juillet 2007 s’annoncent bonnes pour le pays. « Habituellement, une plus grande occurrence de pluies est plutôt bénéfique pour l’agriculture », fait remarquer la CNSA qui estime que la vigilance reste cependant de mise en raison de la vulnérabilité élevée des populations, surtout pauvres, aux désastres, particulièrement imprévisibles et fréquentes dans les Caraïbes.

La Coordination nationale de sécurité alimentaire croit que de vastes programmes de développement à long terme devraient être entrepris en vue de parer aux effets subits de ces catastrophes et désastres naturels.

Quatorze millions de dollars américains : c’est le montant consacré par la FAO pour « aider au rétablissement rapide des moyens d’existence basés sur l’agriculture » haïtienne.
La FAO rappelle qu’après plusieurs années de troubles politiques et sociaux aggravés par des cyclones, des inondations, des sécheresses et autres désastres naturels à répétition qui ont entravé son développement, Haïti est à la croisée des chemins.

Les 14 millions de dollars font partie du montant global de 97,9 millions correspondant à l’Appel transitoire 2006-2007 de soutien à la stabilisation d’Haïti, lancé en décembre 2006 par les Nations Unies à Genève et qui cible les besoins prioritaires humanitaires et socio-économiques.

Haïti souffre d’un très grave problème de déforestation. En 1923, les forêts couvraient près de 60% du pays, contre seulement 2 à 3 % aujourd’hui. La déforestation a entraîné l’érosion des terres, ce qui provoque une baisse des rendements agricoles et des glissements de terrains meurtriers.

Du fait de la quasi-absence de couverture forestière, non seulement les cyclones mais aussi les tempêtes tropicales et les fortes pluies ont des effets dévastateurs, causant des pertes notables en vies humaines et de lourds dégâts matériels. [do apr 31/01/2007 12 :30]