Haïti pourrait inspirer le monde, en matière de développement durable

P-au-P, 31 Janv. 07 [AlterPresse] --- La république d’Haïti pourrait servir de modèle au monde en ce qui a trait au développement durable, malgré les difficultés à surmonter et les efforts immenses de construction à consentir, suggère Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

« Haïti peut être « une chance pour le monde ». Tout est à faire, mais, si on le fait bien, on peut avoir un impact rapide et très positif sur le développement du pays », indique de la Combe, lors d’une interview à New York le 30 janvier 2007 à la structure de nouvelles de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Dans cette interview consultée par l’agence en ligne AlterPresse, la porte-parole de la mission onusienne, déployée depuis juin 2004 dans la république caribéenne, estime possible pour les habitants d’éviter, grâce aux opportunités agricoles, les écueils du développement dans les pays industrialisés, malgré une situation de déboisement frappant ainsi que l’absence de réseau fiable d’électricité et de carburant.

« Tous les légumes et les fruits sont biologiques, ne serait-ce que parce que les agriculteurs n’ont pas d’engrais chimiques, mais aussi parce que le sol est fertile naturellement », reconnaît la fonctionnaire onusienne.

Profitant des climats de la mer comme de la montagne, Haïti est en mesure de produire beaucoup en agriculture, assure-t-elle, se référant, par exemple, au département géographique du Sud d’Haïti où est « produit un vétiver exceptionnel », acquis par « les plus grands fabricants de parfum au monde, et dont le pays est le premier exportateur ».

Cependant, « la dizaine de ports haïtiens n’ont que des ressources douanières limitées », déplore Sophie Boutaud de la Combe, soulignant que l’Etat haïtien aura besoin des ressources de l’économie pour se renforcer.

« Ce n’est qu’en collectant les impôts, qui sont versés sur une forme ‘’quasi volontaire’’ à l’heure actuelle, qu’il pourra reverser des salaires de nature à éliminer la corruption », explique-t-elle.

Interrogée sur la situation quotidienne du personnel des Nations Unies en Haïti, Boutaud de la Combe évoque des réalités différentes à la capitale, Port-au-Prince, et dans les zones excentrées du pays.

« Dans les régions, le personnel de l’ONU peut marcher dans la rue partout, sans problèmes. Certains quartiers de Gonaïves, du Cap-Haïtien sont encore un peu fragiles, comme Cité Soleil ou d’autres quartiers de Port-au-Prince », précise-t-elle ajoutant que le reste du pays est « vraiment calme et stabilisé ».

Sophie Boutaud de la Combe relève des actions volontaires de la population qui, sur le bord des routes, demande aux conducteurs une contribution à l’entretien du bitume.

« Les routes sont en très mauvais état. Il n’y a pas eu d’entretien des routes bitumées depuis très longtemps. Pourtant, on voit à l’heure actuelle des initiatives individuelles pour combler ici et là les trous dans les routes ». [do apr 31/01/2007 9 :24]