Haiti : Cri d’alarme de Justice et Paix à propos du climat d’insécurité

P-au-P., 14 déc. 06 [AlterPresse] --- La Commission Episcopale Nationale Justice et Paix de l’Église Catholique lance un cri d’alarme à propos de la situation sécuritaire et sociale en Haiti, marquée ces derniers jours par une nette augmentation des cas de kidnappings et une dégradation des valeurs morales, constate l’organisme.

« Nous continuons à être témoins d’enlèvements d’enfants en plein jour », déclare Justice et Paix dans un communiqué transmis à AlterPresse, énumérant divers cas de kidnappings d’enfants enregistrés ces dernières semaines et dont plusieurs ont été suivis d’exécution des jeunes otages. Ce 13 décembre encore, un groupe d’enfants a été kidnappé en Plaine (périphérie nord) et est toujours aux mains des ravisseurs.

« Est-ce que la liste doit s’allonger toujours », s’interroge Justice et Paix, qui « partage la douleur des familles et parents touchés ». L’organisme souligne au passage qu’ « il y a même des gens qui recourent au kidnapping pour régler des disputes de famille »

Justice et Paix rappelle aux autorités « leur responsabilité d’assurer la sécurité de la population avec tous les moyens prévus par la loi. Elle demande aux autorités de prendre les mesures qui s’imposent et d’expliquer à la population les actions entreprises et les résultats obtenus, car la population a le droit d’être informée ».

Convoqué ce 13 décembre au parlement à la tête du Conseil Supérieur de la police, le premier ministre Jacques Édouard Alexis a promis aux parlementaires de se pencher sérieusement sur la question de la sécurité et de se « mettre au travail ».

Lors d’un sit-in organisé le 12 décembre devant les locaux du ministère de la justice par des organisations féministes, des citoyennes et citoyens haïtiens ont appelé à des actions concrètes du gouvernement en vue d’enrayer le climat de violence et les actes d’enlèvement qui s’intensifient à Port-au-Prince.

Par ailleurs, « au même moment où nous vivons l’insécurité dans les rues, il y a la grève à l’hôpital général (…) parce que l’Etat refuse de prendre ses responsabilités envers le personnel de service », constate Justice et Paix dans son communiqué. Le personnel de service du plus grand centre hospitalier du pays exige le paiement d’arriérés de salaires de plusieurs mois.

Mais, « même quand les revendications sont correctes, personne ne peut agir à la légère avec la santé et la vie des autres », souligne l’organisme. Il critique particulièrement le fait par les grévistes de jeter deux cadavres humains sur la cour de l’hopital le 11 décembre en guise de pression. « Même après le décès, le corps humain ne peut être désacralisé comme un objet quelconque », soutient Justice et Paix. [gp apr 14/12/2006 00:05]