Español English French Kwéyol

Protestations estudiantines contre la présence de la MINUSTAH en Haiti

P-au-P, 24 Oct. 06 [AlterPresse] --- Un vent de panique a soufflé dans l’après-midi du 24 octobre 2006 au centre de Port-au-Prince où des étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) manifestaient contre la présence des troupes onusiennes dans le pays à l’occasion de la Journée des Nations Unies.

Venus en majeure partie de la Faculté des Sciences Humaines, les étudiants ont érigé des barricades enflammées sur la chaussée paralysant ainsi la circulation, ont rapporté des témoins à AlterPresse.

Les agents du Corps d’Intervention et du Maintien de l’Ordre (CIMO) ont été dépêchés sur les lieux en vue de ramener le calme. Les étudiants auraient lancé des jets de pierre en direction des agents du CIMO qui auraient eux-mêmes riposté par des tirs nourris.

Dans la foulée, au moins cinq étudiants, dont Jimmycka Laurent, Pierre Théophile et Robenson ainsi connu, ont été arrêtés par la police anti-émeute, selon des témoins. Les autres étudiants protestataires ont dû se retrancher au siège de Faculté des Sciences Humaines.

Jusqu’à 16 heures locales, la tension était vive à l’entrée de la Faculté des Sciences Humaines. Les étudiants ont mis le feu à des pneus usagers abandonnés aux alentours de cette entité de l’UEH qui avait joué un rôle important en 2004 dans le renversement du régime Lavalas de Jean-Bertrand Aristide.

Ce mouvement de tension a commencé au Champ de Mars à l’issue de la cérémonie organisée au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) à l’occasion de la Journée des Nations Unies, ce 24 octobre 2006.

« Nos policiers reçoivent un salaire misérable pendant que les soldats de l’ONU gagnent beaucoup d’argents en Haïti », scandaient les étudiants sous les yeux des soldats brésiliens qui montaient la garde devant le MUPANAH.

« Nous demandons à la force de sécurité des Nations Unies de laisser le pays au moment où nous commémorons le bicentenaire de l’assassinat de Jean Jacques Dessalines, le père de la patrie », déclare Guy Numa du Mouvement Démocratique Populaire (MODEP), qui a appuyé le mouvement.

Numa appelle à la mobilisation de tous les Haïtiens en vue de libérer le pays des militaires étrangers. [do gp apr 24/10/2006 16:30]