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Haiti-Caraibe : Une insécurité passe-partout !

Par Roosevelt Jean-Francois

Soumis à AlterPresse le 19 octobre 2006

L’insécurité fait à la une. Partout.

La une des journaux. La une des conversations.

Les Haïtiens de Miami ne parlent que de ça. Chacun veut placer son mot. Chacun propose sa stratégie. Les émissions de radio regorgent d’opinions sur le sujet. En veux-tu, en voila.

Dans les autres communautés de la Caraïbe, c’est presque pareil.

Des amis de la Guyane m’apprennent que leur pays est livré aux gangs et aux bandits.
A Georgetown, la capitale guyanaise, chaque jour apporte son lot.

Rien que la semaine dernière, des bandits ont fait irruption dans un journal et tué a bout portant 4 personnes.

Le même jour, les bandits ont envahi une banque, tué des gardes de sécurité et ont emporté de l’argent. Cela s’est passé a Berbice, deuxième ville de la Guyane.

Un stock d’armes de la GDF (Guyana Defense Force) a été emporté par des « individus non-identifiés » au quartier général du camp Ayanganna dans la capitale cette année.

La principale prison de la Guyane a été aussi en ébullition. Le pays organise bientôt des élections.

Le président Guyanais Bharrat Jagdeo a appelé les forces de l’ordre au zéro tolérance contre les bandits. « No mercy for bandits », dit Jagdeo.

Les forces de l’ordre sont passées à l’attaque tuant 3 bandits. Des armes ont été retrouvées dont 33 Ak-47, des lances grenades etc…

L’insécurité, c’est aussi la Jamaïque. Une enquête présentée à l’occasion du 44 ème anniversaire de l’indépendance jamaïcaine révèle que l’insécurité est le problème # 1 de ce pays voisin.

Le problème #2, selon l’enquête, est la fuite des cerveaux (the brain drain). En troisième position arrive le phénomène des déportations de repris de justice qui arrivent des Etats-Unis. La corruption et la gouvernance figurent aussi parmi les défis auxquels fait face la société jamaïcaine.

A l’analyse, ce serait intéressant de rapprocher ces faits et des résultats de cette enquête de la situation haïtienne.

D’abord, il faut mettre les faits locaux dans un contexte d’insécurité globale. Le spectre du 11 septembre refait surface. Dans les aéroports, la vie n’est plus la même.

Il y a une constance dans l’insécurité. Les criminels suivent la progression géométrique en nombre.

Pour Haïti, le « brain drain » est le plus important de toute la Caraïbe. Deuxièmement, ceux qui arrivent sont les pires. Et pire encore, le pays devient un dépotoir de criminels venant de partout, des Etats-Unis, de Bahamas, de la République Dominicaine etc… Et rien ne dit que ces pays ne profitent pas des faiblesses haïtiennes pour y déverser leurs citoyens indésirables.

L’autre aspect, c’est aussi et surtout la corruption : l’insécurité de la gouvernance.

Quand des responsables de l’Etat s’enrichissent sans vergogne et partent pour l’étranger sans gêne et sans poursuite, cela ne fait qu’augmenter le climat d’insécurité.