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Haïti - Justice : Nouvelle plainte de sociétaires victimes contre les responsables de coopératives en faillite

P-au-P, 4 Oct. 06 [AlterPresse] --- Des sociétaires victimes de la faillite des coopératives d’épargne et de crédit (CEC) ont déposé, ce 4 octobre 2006, une plainte formelle contre les responsables de coopératives en faillite, passant ainsi à une nouvelle étape dans leur mouvement visant le remboursement des fonds volatilisés.

Devant le Parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, ils étaient plusieurs dizaines à exiger l’arrestation de tous les dirigeants de coopératives en faillite, a constaté un Journaliste de l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous avons déposé une plainte contre les responsables de coopératives, particulièrement contre David Chéry, PDG de Cœurs Unis Coopérative (CUCEC). Pour éviter tout rejet pour vice de forme, nous venons au Parquet aujourd’hui pour déposer une plainte formelle contre David Chéry et les autres dirigeants de coopératives », déclare Margareth Fortuné, cheffe de file du mouvement déclenché par l’Association nationale des femmes victimes de coopératives (ANFVC).

Pancartes en main comme à l’accoutumée, les manifestants mobilisés, pour la deuxième fois en moins d’une semaine, expriment leur détermination à poursuivre le mouvement jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction.

« Nous voulons aller jusqu’au bout. Ce n’est pas normal que des gens ayant pillé nos ressources continuent à vaquer en toute impunité à leurs occupations », dit un jeune protestataire, brandissant une banderole sur laquelle sont dessinées des têtes de morts.

La circulation des véhicules était totalement paralysée à la rue Pavée, au cœur de la capitale haïtienne, où se trouve le Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince. Sous un chaud soleil de midi, les protestataires crient à tue-tête : « Les autorités judiciaires nous font trop attendre, les sociétaires ont droit à la justice, arrêtez ».

Dans la plainte déposée au Parquet, « les sociétaires accusent les dirigeants de coopératives de vol, d’escroquerie, de blanchiment d’argent », précise Margareth Fortuné.

Environ 17 milliards de gourdes constituent la somme, volatilisée dans le scandale des Coopératives d’Épargne et de Crédit (CEC) au cours de l’année 2002 sous le règne de Jean-Bertrand Aristide.

Le gouvernement de transition de Gérard Latortue (mars 2004 - juin 2006) avait consenti des débours pour satisfaire certains sociétaires. 45 millions de gourdes ont été, dès lors, décaissées et les femmes victimes des coopératives en avaient reçu 13 millions.

Selon Margareth Fortuné, l’administration René Préval / Jacques Édouard Alexis II (deuxième version après la première administration de mars 1999 à février 2001) compterait s’attaquer à ce problème en prévoyant une enveloppe de plus de 100 millions de gourdes pour rembourser et réparer les 23 mille sociétaires lésés. [do rc apr 04/10/2006 14 :25]