" De plus en plus nombreux sont les indices qui témoignent du caractère bénéfique des migrations ", selon Kofi Annan

Collaboration spéciale de Colette Lespinasse

Nations-Unies, 14 sept. 06 [AlterPresse] --- Le Dialogue de Haut Niveau sur les Migrations internationales et le Développement a débuté le 14 septembre par un discours du Secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan.

« Nous sommes tous concernés », a déclaré Kofi Annan. « Les pays qui contribuent activement aux migrations internationales et ceux qui sont largement touchés par ce phénomène n’ont jamais été aussi nombreux. Il est en outre plus difficile désormais de classer les pays en ’pays d’origine’ et ’pays destinataires’ », a indiqué le Secrétaire général.

D’autre part, « de plus en plus nombreux sont les indices qui témoignent du caractère bénéfique des migrations », a souligné Kofi Annan. « Avec des transferts de fonds qui, d’après les estimations, auraient atteint les 167 milliards de dollars en 2005, les migrants originaires des pays en développement envoient à leur famille des sommes d’argent dont le total dépasse celui de l’ensemble de l’aide internationale », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, « les gouvernements commencent maintenant à considérer les migrations internationales comme une source de possibilités et non comme une perspective effrayante », a soutenu le Secrétaire général de l’ONU.

Des représentants de différents pays ont pris la parole pour présenter leurs positions sur le dossier.

Dans son exposé sur Haiti, le Ministre des Haïtiens vivant à l’Etranger, Jean Victor Geneus, a fait remarquer que si les impacts positifs de la migration haïtienne sur certains pays de destination sont assez clairs, les bénéfices dégagés pour Haïti sont plus nuancés.

Généus a annoncé qu’Haiti souhaite développer un partenariat avec les pays de destination, notamment ceux de la région, en vue de promouvoir une migration de main d’oeuvre haïtienne régulière.

Le ministre a aussi souligné l’apport des migrantes haïtiennes au sein de leurs ménages.

Dans l’ensemble, tous les pays appellent à un partenariat entre pays d’origine, pays de transit et pays d’accueil pour faire de la migration un mouvement qui profite à tout ceux qui sont concernés, en particulier les migrants.

Au coeur des préoccupations exprimées, figurent le respect des droits des migrants, la nécessité de lutter contre le trafic et la traite des personnes, notamment des femmes et des enfants, et aussi l’adoption de politiques visant à maintenir dans les pays en développement les professionnels qualifiés, indispensables au développement de ces pays.

A ce sujet, plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique et d’Asie ont manifesté leurs préoccupations par rapport à la fuite croissante des cerveaux enregistrés (brain drain) dans leurs pays, fuite encouragée par des politiques de pays riches, a-t-on souligné.

Le cas particulier des professionnels de la santé, particulièrement celui de la demande croissante d’infirmières des pays du sud, au détriment des systèmes sanitaires des pays pauvres a été évoqué.

Certains intervenants ont même réclamé une compensation de la part des pays qui bénéficient des cadres préparés dans les pays en voie de développement.

A travers un discours très applaudi, le Mali a dénoncé plusieurs « scandales » à son avis responsable du déséquilibre actuel dans la migration dans le monde. Parmi ces scandales, il a cité, les programmes d’ajustement structurel qui « privent les pays en développement de nombreuses ressources », les subventions à l’agriculture dans les pays riches et la paupérisation de la paysannerie dans les pays du Sud, la « mauvaise gouvernance » et les « effets pervers » de la globalisation et de la mondialisation.

Le Dialogue de Haut Niveau sur les Migrations se poursuit ce 15 septembre avec les exposés des différents pays et des panels sur un ensemble de thèmes retenus par les organisateurs.

Cette rencontre représente le début d’un ensemble de consultations sur le thème de la migration qui est devenu, selon tous les intervenants et intervenantes, un élément incontournable dans le processus de mondialisation.

Le Secrétaire général de l’ONU a proposé la mise en place d’un Forum Global consultatif sur la migration. Une grande partie des pays a adhéré à la proposition à condition que ce forum ne soit pas contraignant et qu’il tienne compte des autres espaces déjà existants sur le sujet. La Belgique a exprimé sa volonté d’accueillir le premier forum. [cl gp apr 15/09/2006 23 :00]