Nations Unies : Une centaine de ministres et représentants de gouvernements (dont Haïti) attendus au sommet mondial sur la migration

P-au-P, 14 sept. 06 [AlterPresse] --- Plus d’une centaine de Ministres et représentants de gouvernements à travers le monde, dont d’Haïti, sont attendus, ce 14 septembre 2006, à l’ouverture d’un Sommet mondial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur la migration internationale et le développement, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Durant l’année 2005, les femmes migrantes ont envoyé quelque 200 milliards d’euros dans leurs foyers et communautés pour nourrir et éduquer les enfants, fournir des soins de santé, construire des maisons, améliorer en somme le niveau de vie des familles restées au pays, révèle le bureau d’Haïti de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) dans un rapport parvenu à AlterPresse.

Le Sommet mondial de l’ONU sera l’occasion de plancher sur la situation de 191 millions de personnes obligées de s’émigrer, parmi elles 115 millions vivent dans de pays développés et 75 millions dans des régions en développement.

La république d’Haïti devrait être représentée à ce « dialogue de haut niveau (de deux jours) sur la migration internationale et le développement, qui se tient au siège des Nations Unies à New York du 14 au 15 septembre 2006.

Les Nations Unies profiteront de ce dialogue international pour se pencher, pour la première fois à ce niveau, sur les questions de migration et de développement.

« Le besoin de mieux faire concorder l’offre et la demande mondiales de main-d’œuvre est au centre du débat actuel sur la migration. En remédiant à ce manque de concordance, non seulement on obtient des résultats significatifs en termes de développement économique mondial, mais on contribue en outre à lutter contre la migration irrégulière – un problème qui découle directement de cette non-concordance entre l’offre et la demande », a déclaré Brunson McKinley, Directeur général de l’OIM dans un communiqué.

Selon le numéro 1 de l’OIM, ce dialogue de haut niveau peut faire beaucoup pour transformer la migration en un puissant moteur du développement dans l’intérêt de tous les pays et de la prospérité économique.

« Le Dialogue de haut niveau offre une réelle occasion de débattre et de parvenir enfin à un large consensus sur la manière de mettre la migration au service du développement. Dès lors que cette optique générale prévaudra, la communauté internationale sera en meilleure position pour mettre au point des instruments utiles et concrets, capables de faire une réelle différence dans la manière dont les flux migratoires sont gérés. A partir de là , l’économie mondiale progressera dans l’intérêt de tous », a-t-il poursuivi.

Selon les statiques disponibles, entre 33% et 55% des personnes les plus instruites des pays moins avancés, comme Angola, Burundi, Ghana, Kenya, Mozambique, Sierra Leone et la Tanzanie vivent dans des pays de l’OCDE qui comptaient, durant l’année 2000, quelques 20 millions d’émigrants hautement qualifiés, dont plus de la moitié venaient de pays en développement.

Pour une régularisation du statut de millions de sans papiers

Haïti et Trinidad &Tobago ont atteint les 60% de personnes qualifiées qui laissent ces pays pour s’émigrer dans d’autres nations étrangères, notamment (dans le cas d’Haïti ces dernières années) vers la République Dominicaine, les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.

A l’occasion de ce sommet sur les migrations internationales et le développement, la plate-forme haïtienne dénommée Groupe d’Appui aux réfugiés et aux rapatriés (GARR) souhaite une régularisation du statut des millions de sans papiers, « dont plus de 12 millions en provenance de l’Amérique Latine et des Caraïbes se trouvent aux Etats-Unis, pays hôte du Dialogue ».

Le GARR demande aussi aux Etats membres des Nations Unies (parmi lesquels Haïti qui ne l’a pas encore fait) de poser un autre geste concret, en ratifiant « la Convention Internationale sur la Protection des Droits de Tous les Travailleurs Migrants et des membres de leur famille ».

De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations profitera de ce sommet pour présenter sa nouvelle initiative internationale baptisée « Migration et Développement » susceptible de contribuer à mieux faire concorder l’offre et la demande de main d’œuvre et de favoriser l’investissement dans la mise en valeur des ressources humaines, notamment dans la perspective du vieillissement et du déclin des populations d’une bonne partie du monde industrialisé et de la progression démographique dans le monde en développement.

Le rapport mondial population 2006, présenté à travers le monde le 6 septembre dernier par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), insiste sur l’apport considérable des 95 millions de migrantes à l’économie de leurs pays d’origine et de leurs pays hôtes. Dans ce rapport, l’UNFPA invite au respect du droit des migrantes sur la planète.

La branche en Haïti de l’UNFPA propose aux autorités nationales cinq actions fondamentales à diriger, selon l’agence, vers les femmes en particulier.

D’abord, il conviendrait de promouvoir une politique de droits humains axée sur une égalité des opportunités, sans risque, pour les femmes.

Il faudrait aussi adopter des mesures pour éviter l’exploitation, le trafic et la violence faite aux femmes.

De même, des dispositions doivent être prises en ce qui a trait aux services de santé reproductive, comme des actions de prévention contre les grossesses non désirées et les maladies sexuellement transmissibles (dont le VIH-SIDA). De petits projets binationaux existent déjà en ce sens à Ouanaminthe et à Dajabon, à la frontière nord haïtiano-dominicaine.

Parallèlement, les deux gouvernements qui partagent l’île devraient entreprendre, via la commission mixte haïtiano-dominicaine (à remettre sur pied) un dialogue pertinent pour une migration légale.

La cinquième action prônée par l’UNFPA-Haïti consiste à faciliter, voire prioriser la contribution de la diaspora haïtienne en accentuant sur son savoir-faire et ses capacités à mettre au service des institutions publiques et privées.

Toutes ces actions exigent un climat sécuritaire approprié, a averti le 6 septembre le colombien Hernando Clavijo, représentant en Haïti du Fonds des Nations Unies pour la Population.[do rc apr 14/09/2006 0:30]