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Dialogue de haut niveau sur les migrations Internationales et le développement

Haiti : Le GARR appelle à des gestes concrets en faveur des migrants-migrantes

Communique du GARR

Soumis à AlterPresse le 13 septembre 2006

Le GARR salue la tenue, les 14 et 15 septembre prochains, au siège des Nations-Unies à New-York, du Dialogue de Haut Niveau sur les Migrations Internationales et le Développement, et exhorte les Etats, en particulier Haïti, à manifester leur solidarité vis-à -vis des migrants-migrantes par des gestes concrets et porteurs.

Dans cette perspective, le GARR souhaite de la part des Etats membres des Nations Unies, deux gestes concrets : la ratification de « La Convention Internationale sur la Protection des Droits de Tous les Travailleurs Migrants et des membres de leur famille » et la régularisation du statut des millions d’immigrants sans papier, dont plus de 12 millions en provenance de l’Amérique Latine et des Caraïbes se trouvent aux Etats-Unis, pays hôte du Dialogue.

A ce sujet, il est regrettable de constater qu’Haïti, pays de migrants-es, avec un quart de sa population à l’extérieur, n’a pas jugé bon, jusqu’ici, de ratifier la Convention qui représente un outil international de protection pour sa population migrante. A rappeler que cette Convention Internationale sur la Protection des Droits de Tous les Travailleurs Migrants et des membres de leur famille a été ratifiée par les Nations-Unies depuis le 18 décembre 1990 et est entrée en vigueur en juillet 2003.

Seize (16) ans après l’adoption de cette importante convention, les Etats riches industrialisés, dans l’ensemble, ne l’ont pas ratifiée non plus. Au contraire, on assiste plutôt, chez la plupart de ces Etats, à un durcissement de leur législation nationale en matière de migration et à l’émergence d’un discours nationaliste qui veut criminaliser les migrants, tendance qui renforce les discriminations à leur égard et qui encourage la violation de leurs droits.

Le monde, à l’heure actuelle, compte environ 200 millions de personnes migrantes, qui, pour des raisons surtout économiques, ont dû laisser leur terre natale pour aller vers d’autres cieux plus cléments. Une bonne partie d’entre eux se trouvent en situation irrégulière et sont sujets à toute sorte d’abus, de discriminations et de déportations.

L’ampleur du phénomène de la migration place désormais ce sujet au cœur des relations internationales et des politiques d’Etat, et interpelle tous les peuples de la terre à une réflexion profonde. Ce Dialogue de Haut Niveau, engagé par les Nations-Unies, est sans doute, un lieu privilégié pour une telle démarche. Cependant, le thème des droits humains liés à la migration devrait trouver toute l’attention qu’il mérite.

Pour faciliter une meilleure contribution de la migration au développement, il faut une bonne coopération entre les pays d’origine et les pays d’accueil, la définition de politiques qui favorisent la participation et l’intégration des migrants, des stratégies nationales pour inciter la diaspora à investir dans leur pays d’origine et des mesures de protection de leurs droits et intérêts.

Le GARR salue la reconnaissance par la communauté internationale de l’apport considérable des migrants et migrantes à la réduction de la pauvreté dans le monde. Cependant, il tient à souligner qu’en aucun cas, le transfert des devises, effectué par ces personnes à leurs familles, ne peut remplacer les investissements publics qui relèvent de la responsabilité de l’Etat ni de l’aide publique au développement pour laquelle les pays riches s’étaient engagés.

La migration est aujourd’hui un phénomène social qui nous unit tous, bon gré, mal gré, à la fois, par ses faiblesses et ses points forts et seul un dialogue véritablement constructif, peut nous conduire, par la solidarité active, vers un monde meilleur.(Fin de texte GARR/13/9/06)

Port-au-Prince, le 13 septembre 2006

Lisane André
Responsable Communication et Plaidoyer