Haiti : Une nouvelle commission à la recherche d’un " désarmement réel "

P-au-P., 12 sept. 06 [AlterPresse] --- Le premier ministre Jacques Edouard Alexis a procédé ce 12 septembre à l’installation de la nouvelle Commission nationale de désarmement de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), dirigée par l’ancien député Alix Fils-Aimé, a constaté AlterPresse.

« La responsabilité de cette commission est de définir un plan et de conduire des actions pouvant amener à un désarmement réel, le démantèlement des gangs et la réinsertion », a indiqué le premier ministre lors de cette cérémonie qui s’est déroulée en son bureau et en présence du ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, du chef civil de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet et de plusieurs autres personnalités.

Formée sur une base sectorielle, la commission CNDDR du gouvernement compte les membres suivants : le commissaire de police Fritz Jean, Jean-Baptiste Jean Philippe (alias Samba Boukman) de la Présidence, Emmanuel Gouthier du ministère de l’intérieur, Caïus Alphonse du ministère de la justice, Jean Alix Boyer du ministère des affaires sociales et Me Dilia Lemaire du ministère à la condition féminine.

La mise en place de cette commission, qui remplace une précédente, constituée par le gouvernement intérimaire (mars 2004 – juin 2006), répond à une analyse du président René Préval, du gouvernement et de la MINUSTAH, a fait savoir Jacques Edouard Alexis.

Cette structure aura à appliquer la politique du gouvernement en matière de désarmement, coordonner les actions des institutions impliquées dans le dossier et de gérer les relations du gouvernement avec la communauté internationale sur cette question, a poursuivi le premier ministre.

Le désarmement concerne tous les groupes armés et pas seulement « une catégorie de personnes », a mis en garde Alexis. « Nous désarmerons tout ceux qui ont un arsenal chez eux », a-t-il averti.

Le chef du gouvernement a, une nouvelle fois, évoqué la politique de la carotte et du bâton et a martelé que « nous avons la responsabilité de mettre fin à la violence armée ». « Force doit rester à la loi », a-t-il ajouté.

« Les individus impliqués dans cette violence aveugle devront répondre de leurs forfaits », a encore déclaré le premier ministre. Ceux qui sont indirectement impliqués, notamment les jeunes, auront « une chance de se réhabiliter, de se reconvertir, d’apprendre un métier et de pouvoir fonctionner dans la société », a-t-il assuré.

Le président de la CNDDR, Alix Fils-Aimé, a, pour sa part, exprimé la volonté du gouvernement d’avoir « le leadership » dans les démarches visant au désarmement. « Nous allons travailler en synergie pour résoudre un problème national », a toutefois déclaré Fils-Aimé, mentionnant divers secteurs de la société haïtienne ainsi que la communauté internationale.

Fils-Aimé opte pour « une ferme détermination, une vision claire et une approche flexible ». Il a promis des résultats concrets, sans tomber dans « l’illusion de désarmer en un jour ».

Jean-Baptiste Jean Philippe (alias Samba Boukman), l’un des fers de lance des mouvements en faveur de l’ex président Jean Bertrand Aristide à Bel Air (centre de la capitale), a fait part de sa volonté de travailler avec ses collègues pour « faire revenir la paix en Haiti ».

Interrogé par des journalistes sur la contribution qu’il compte apporter à la commission, il a invité les groupes armés de diverses régions du pays à « s’asseoir avec la commission pour voir comment rétablir la paix » dans le pays.

Selon une étude publiée en 2005, plus de 200.000 armes circulent en Haiti où la criminalité se maintient à un niveau toujours élevé dans plusieurs régions, particulièrement à Port-au-Prince. Les actes d’enlèvement de personnes contre rançons tendent à se multiplier davantage. [gp apr 12/09/2006 17:00]