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Haiti : Retour d’un ancien député lavalas à Grande Rivière du Nord

Correspondance de Gérard Maxineau

Transmise à AlterPresse le 22 août 2006

L’ancien député de la Grande Rivière du Nord et de Bahon, Nahoum Marcellus, qui a du s’enfuir de la région à la chute de l’ex président Jean Bertrand Aristide en février 2004, est revenu le lundi 21 août 2006 à la Grande Rivière du nord, sa ville natale.

Marcellus a été accueilli triomphalement par des milliers de rivanordais. L’ancien parlementaire lavalas, qui s’est gardé de faire des déclarations à la presse, a sillonné les différentes rues de la Grande Rivière, sous les hourras de la foule.

Cette manifestation s’est déroulée sans incident. Aucune présence policière n’a été remarquée.

L’ancien homme fort de la Grande Rivière du Nord a été ensuite remarqué dans la deuxième ville du pays (Cap-Haitien), où fonctionnait Radio Africa, une station dont il était le propriétaire.

Radio Africa tout comme Radio Télé Kombit (RTK), une autre station ayant appartenu à des partisans de l’ancien gouvernement, ont été incendiées à l’arrivée des groupes d’anciens militaires et paramilitaires qui ont conduit des opérations armées contre le régime d’Aristide. [1]

La présence de l’ex parlementaire de la 47ème législature dans la deuxième ville du pays a provoqué bien des remous au sein de la classe politique locale.

Durant son mandat, l’ancien parlementaire lavalas s’était fait remarqué à la chambre basse à cause de ses perpétuelles attaques contre des personnalités du secteur des affaires, de la communauté internationale, de la presse et de l’opposition haïtienne.

Au début de l’année 2003, le gouvernement américain lui avait retiré son visa d’entrée aux Etats-Unis, ainsi qu’une dizaine d’autres proches du pouvoir lavalas, dans le cadre d’une disposition officielle contre le trafic de la drogue.

[…]


[1NDLR : Rappel à ce sujet d’un extrait d’un communiqué de Reporters Sans Frontières : « Le 21 février 2004, Pierre Elie Sem, propriétaire et directeur de Radio Hispagnola à Trou du Nord (27 km au sud-est de Cap-Haïtien) et correspondant de la station privée Radio Métropole dans le nord-est du pays, a été victime d’un attentat à Cap-Haïtien (Nord). Le journaliste se trouvait dans sa voiture lorsque des individus sont montés de force dans l’habitacle et ont fait feu sur lui à plusieurs reprises, le blessant gravement au cou et aux jambes. Ses jours ne sont pas menacés. Pierre Elie Sem a déclaré qu’il avait subi des menaces depuis plusieurs jours, faisant le lien avec le moment où il avait commencé à relayer les informations de Radio Métropole sur Radio Hispagnola. Il avait décidé de diffuser les bulletins d’information de Radio Métropole après que les responsables de Radio Cap-Haïtien avaient suspendu eux-mêmes la diffusion de ces bulletins suite à des menaces de partisans de Fanmi Lavalas (au pouvoir).

Le lendemain, les locaux de Radio Hispagnola à Trou du Nord ont été incendiés par les partisans de l’ancien député Nahoum Marcellus. Le commando a été mis en déroute par l’arrivée des rebelles anti-gouvernementaux qui ont pris la ville de Cap-Haïtien. Des groupes de manifestants protégés par les rebelles ont ensuite pillé et incendié les radios Africa et Radio Télé Kombit (RTK), appartenant respectivement à Nahoum Marcellus et à Jose Ulysse, un membre du cabinet particulier du président Aristide. »