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Mario Andrésol, investi d’un mandat de 3 ans (été 2009) à la tête de la Police Nationale d’Haïti

P-au-P., 06 juil.-06 [AlterPresse] --- Le sénat de la République a ratifié sans surprise, ce mercredi 5 juillet 2006, le choix du commissaire divisionnaire Mario Andrésol comme commandant en chef de la Police nationale d’Haïti (PNH) jusqu’en été 2009, selon les prescriptions de la constitution de 1987 en son article 141.

Au cours d’une séance spéciale sur le rapport de la Commission Justice et Sécurité Publique, qui l’avait auditionné le 28 juin dernier, Mario Andrésol a recueilli de la part des membres du grand corps 23 voix pour, zéro contre et une abstention sur un total de 25 sénateurs présents, a noté l’agence en ligne AlterPresse.

Le Président du sénat, en l’occurrence Joseph Lambert, ne votant pas, seul le sénateur du Sud Gabriel fortuné a fait abstention, sur la base d’une absence de clarification des rapports entre la PNH et la Mission des Nations Unies de Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) déployée, depuis juin 2004, sur le territoire national avec des résultats pas tout à fait convaincants sur le terrain de la sécurité publique.

Le commissaire divisionnaire de police est, par ainsi, investi d’un ‘’mandat constitutionnel’’, comme le souligne le président de l’Assemblée nationale Joseph Lambert, en vue de mener à bon port la destinée de la PNH pour une période de trois ans (juillet 2006 - juillet 2009).

Le président de la République, René Garcia Préval avait soumis le nom de l’actuel commandant en chef de la PNH à l’approbation du sénat pour sa propre succession. Mario Andrésol est arrivé à la tête de l’institution policière en août de l’année 2005 sous le régime de transition mis en place à la chute du régime lavalas le 29 février 2004.

Dégager au niveau du budget national des moyens financiers à fournir à la police pour l’exécution de son plan d’action, autoriser la commission sénatoriale spécifique à inviter chaque trimestre le commandant en chef de la force policière afin d’assurer un suivi et une évaluation de la mise en application du plan d’action convenu, soumettre pour sanction aux sénateurs un rapport (trimestriel) sur l’évolution du plan d’action : telles sont, entre autres, les recommandations faites à l’Assemblée des sénateurs par la Commission ‘’Justice et sécurité’’ du sénat, qui se déclare favorable au maintien de Andrésol à la tête de la PNH.

La commission sénatoriale, qui s’est penchée sur le dossier du nouveau commandant en chef de l’institution policière haïtienne, suggère l’ouverture de débats au grand Corps sur la force publique nationale à mettre en place, autour de laquelle une proposition appropriée est attendue en octobre 2006, dans les trois mois suivant la ratification d’Andrésol.

« Du chaos, l’ordre doit renaître et, durant mon commandement, la PNH y veillera », promet, dans des propos de criconstance, le commandant en chef ratifié de la PNH, apparemment très à cheval sur la discipline.

Mario Andrésol invite les Haïtiens à se transcender, à extirper de leur cœur la haine, la vengeance, la jalousie, les rancoeurs et les préjugés, à essuyer le tableau pour le bien de la collectivité.

« Aucun vrai patriote n’aurait souhaité que son pays devienne le Ruanda d’aujourd’hui », dit Andrésol qui implore « la grâce, la pitié, le pardon et la miséricorde du tout puissant pour le peuple haïtien ».

Chrétien dans ses propos, Mario Andrésol, que certains qualifient de « chef arrogant » demande à Dieu de lui donner, « le courage, la sagesse et la lucidité » en vue de bien s’acquitter de la mission qui lui est confiée.

Le commandant en chef ratifié de la police, qui paraissait ému après son approbation quasi-unanime au grand corps, s’engage à travailler pour le rétablissement de la sécurité dans le pays, à un moment où la PNH est l’objet d’attaques de bandits qui ont fait plusieurs morts dans ses rangs ces dernières semaines et où une recrudescence d’enlèvements et d’assassinats de personnes est enregistrée dans la capitale haïtienne.

La confirmation de Mario Andrésol, comme commandant en chef de la Police Nationale d’Haïti, survient aussi dans un contexte où des remous semblent marquer l’institution au sujet d’un train de réformes internes en cours, notamment en ce qui concerne le port obligatoire du badge d’identification de chaque policière et policier, la disposition de caractéristiques spéciales géographiques sur les véhicules de la PNH.

Parallèlement, des secteurs proches de l’ancien régime, renversé en février 2004 par une insurrection populaire et armée, ne paraissent pas apprécier l’apparence de détermination, affichée depuis 2005 au sein de la PNH, contre les gangs et contre la collusion de certains fonctionnaires de justice avec les criminels qui, en plus d’avoir orchestré une terreur sans précédent (dont l’enlèvement et la séquestration de personnes) à partir de septembre 2004 dans le cadre de « l’opération Bagdad », s’activent politiquement à fomenter des troubles et actions spectaculaires selon un timing déconcertant.

Dans les jours et semaines à venir, la ratification du nouveau commandant en chef de la PNH pourrait être suivie de la nomination d’un responsable de sécurité publique au Ministère de la Justice, instance de tutelle de la police nationale, suivant ce qu’avait laissé entendre récemment le président René Garcia Préval. [lf rc apr 06/07/2006 0:00]