Haïti-Affaire des 200 enfants empoisonnés : Les Laboratoires Pharval crient à la manipulation

P-au-P, 5 juin 06 [AlterPresse] --- Les responsables des Laboratoires Pharval assimilent à une simple manipulation les récentes déclarations de l’Association de Parents d’Enfants Victimes d’Intoxication au Diéthylène Glycol (APEVIDIGH) relative aux procédures judiciaires entamées afin de donner justice aux 200 enfants empoisonnés en 1996 au diéthylène glycol, produit par cette institution.

« Nous restons convaincus que cette manipulation et exploitation, à des fins de politique partisane, des souffrances occasionnées par des étrangers, Allemands et Hollandais, à des familles haïtiennes, cesseront dans le respect du deuil que porte cette Nation », écrivent les Laboratoires Pharval dans une note transmise à AlterPresse.

Le 26 mai 2006, l’APEVIDIGH avait annoncé, au cours d’une conférence de presse, que le tribunal correctionnel de Port-au-Prince sera saisi du dossier.

« Après 10 ans de dilatoire, la Cour de Cassation de la République, par un arrêt en date du 8 mars 2006, a mis un terme à cette vaste plaisanterie qui n’a que trop duré », faisait savoir l’organisation.

Dans cette affaire, l’APEVIDIGH pointe du doigt Rudolph Boulos, responsable alors des Laboratoires Pharval, actuel candidat au sénat sous la bannière de la Fusion des Sociaux Démocrates. S’étant réfugié à l’étranger à l’époque, Rudolph Boulos dédaigna les différentes convocations de la justice haïtienne, affirment les parents des enfants empoisonnés.

« Après Dix ans d’une procédure Compliquée, menée dans quatre pays soit les Etats Unis d’Amérique, l’Allemagne, la Hollande et Haïti, nous pouvons certifier que les Parents des 70 victimes de cette tragédie qui a endeuillé les familles Haïtiennes et la Nation tout entière, ont reçu dédommagement des Labo Pharval de dix mille dollars dméricains ou l’équivalent en gourdes haïtienne chacun, soit 700,000.00 Dollars Américains », lit-on dans cette note de rectification des Laboratoires Pharval.

L’institution dit avoir « mis à la disposition des avocats américains, hollandais et allemands plus de 300,000.00 dollars américains pour obtenir justice et réparation pour les Parents, de la firme Hollandaise VOS ».

La note précise que Rudolph Boulos, accusé dans ce dossier, n’est pas propriétaire des Laboratoires Pharval.

Elle indique, par ailleurs, que Philibert Berthony, porte parole de l’APEVIDIGH avait signé un désistement dûment notarié et acceptait que les Laboratoires Pharval intentent des actions contre les Hollandais.

« Finalement en Mars 2004, les autorités Hollandaises ont remis à une organisation haïtienne de protection des droits de l’Homme, pour être distribuée aux parents victimes, une somme équivalente à celle déjà versée par Pharval », poursuit la note.

« Il est évident que toutes les matières premières pharmaceutiques utilisées dans la fabrication des formes pharmaceutiques soient importées des pays étrangers sous le contrôle du Ministère de la Santé Publique et à travers les Douanes de Port au Prince », estiment les Laboratoires Pharval.

Les parents des enfants victimes des médicaments empoisonnés [Afébril et Valodon] avaient intenté une action en justice au tribunal correctionnel en date du 11 septembre 1996. Cette instance a déféré le dossier au cabinet d’instruction le 18 mars 1997 pour un examen approfondi. [do apr 8/06/2006 12:00]