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Haïti : Vers la fin du différend opposant Ottawa à Jacques Edouard Alexis

P-au-P., 05 juin 06 [AlterPresse] --- Le différend opposant le Canada au Premier ministre ratifié haïtien est en passe d’être résolu. Jacques Edouard Alexis l’a laissé entendre dans la soirée du 3 juin 2006, lors d’une cérémonie organisée à la résidence de l’ambassadeur du Canada en Haïti, Claude Boucher, en l’honneur du ministre des affaires étrangères et de l’agence de promotion économique du Canada atlantique, Peter Mackay.

« J’espère que le Canada va trouver très rapidement une solution qui va contenter, non seulement le Premier ministre, mais aussi le citoyen Alexis dans sa vie privée. J’espère très bientôt être reçu au Canada dans ma double dimension de Premier ministre et de personne privée », a martelé Jacques Edouard Alexis.

Interrogé par des journalistes en marge de la cérémonie, le ministre Mackay a confirmé qu’un dénouement allait être trouvé avant peu dans le dossier de l’interdiction faite à Monsieur Alexis de rentrer au Canada pour cause de complicité présumée dans une affaire de crime contre l’humanité.

Peter Mackay ne s’est toutefois pas prononcé sur le sort d’autres anciens collaborateurs du président René Préval (1996-2001) qui ont été également épinglés par Ottawa pour les mêmes motifs.

Selon une lettre de l’ambassade du Canada citée récemment par Radio Canada, Ottawa reproche à Monsieur Alexis de n’avoir rien fait face au massacre de Carrefour-Feuilles, alors qu’il était ministre (1999-2001). Onze jeunes ont été tués par la police à Carrefour-Feuilles (banlieue sud-est de Port-au-Prince) le 28 mai 1999.

Le Premier ministre ratifié avait aussitôt réfuté cette accusation, faisant valoir que son gouvernement avait agi en appuyant un procès contre les coupables. « C’est la première fois, à ce que je me rappelle, que les policiers qui ont été identifiés dans ce forfait-là ont été arrêtés, emprisonnés, et traduits devant la justice. Ils ont été condamnés », a soutenu Jacques Edouard Alexis.

Malgré ce différend, les relations entre Haïti et le Canada sont au beau fixe, a fait savoir le Premier ministre ratifié.

Jacques Edouard Alexis a par ailleurs indiqué que sous l’administration Préval / Alexis, la coopération prendra un nouveau cap. « La coopération doit se faire désormais au service du pays », a-t-il ajouté.

« Dorénavant, l’aide internationale doit être « country oriented » et non « donors oriented », a lancé Alexis.

Le premier ministre ratifié en a profité pour souligner les grands axes programmatiques du futur gouvernement. Celui-ci travaillera notamment à créer les conditions de la stabilité, pour permettre à tout un chacun de vaquer librement à ses activités, sans risquer sa vie.

« Le Canada envisage de supporter le gouvernement dans la mise en place d’un programme destiné à répondre aux attentes de la population », a affirmé Alexis.

« Dès la mise en place du prochain gouvernement, probablement la semaine prochaine (il faut entendre par là cette semaine, le premier ministre ratifié ayant tenu ces propos samedi NDLR), un programme d’apaisement social sera mis en œuvre », a promis Jacques Edouard Alexis. Ce programme prendra notamment en compte les volets éducation, santé, eau potable, jeunesse et voies de communication.

Dans son discours de circonstance, le ministre canadien a fait savoir que sa première visite bilatérale en Haïti témoigne de la volonté de son pays de travailler avec la prochaine administration Haïtienne en vue d’améliorer les conditions de vie de la population.

« Ann travay ansanm pou bati yon Ayiti pi bèl », a déclaré en créole Peter Mackay, sous les applaudissements de l’assistance.

A la faveur de cette visite, le ministre Mackay a annoncé l’affectation de fonds supplémentaires, à hauteur de quinze millions de dollars, pour le renforcement des institutions démocratiques en Haïti.

Ces fonds viendront s’ajouter au montant total de plus de cent quatre-vingt-dix millions de dollars qui a été consacré depuis deux ans à des projets de reconstruction et de développement en Haïti, selon les priorités définies dans le Cadre de coopération intérimaire (CCI). [vs apr 05/06/06 9:40]