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Reportage-photo

Sara Rénélik : une aube prometteuse

Par Nancy Roc

Soumis à AlterPresse le 22 mai 2006

Jeudi 18 mai : Il est un peu plus de 17:00, lorsque je franchis la porte du Club Le Lion d’Or, où la chanteuse québécoise d’origine haïtienne, Sara Rénélik, a choisi de lancer son premier album intitulé « Aube ».

Pétales de rose et plumes de paon devant la scène

Dès mon entrée, mon regard est attiré par des pétales de roses parsemées sur le sol : elles sont bleues, roses, jaunes et rouges et m’accompagnent jusque dans la salle principale.

Le décor me séduit immédiatement et Sara n’a pas lésiné pour séduire son public et les journalistes présents : le décor est intimiste, les pétales omniprésentes sur le sol autant que sur les tables d’invités, le buffet est créole et l’ambiance d’emblée chaleureuse.

Le public est venu en famille et plusieurs jeunes couples ont amené leurs enfants qui gambadent allègrement à travers la salle.

Ludga volant sur la musique de Maman !

Ces enfants, tous métissés sont simplement magnifiques et la quatrième génération de Québécois d’origine haïtienne annonce déjà fièrement ses couleurs... Le drapeau haïtien qui trône sur le micro principal et sur les côtés de la scène n’est pas peu fier ce soir semble-t-il.

Mon regard scrute les alentours et je découvre certaines personnalités faisant partie du gratin de la presse locale : l’équipe de télévision de Radio Canada, la chroniqueuse culturelle de Radio Canada, France Grimaldi tient compagnie au père de Sara Rénélik sur la première table, Pierre Emmanuel, directeur de la salle des nouvelles de Radio CPAM, la radio communautaire haïtienne à Montréal est également présent, ainsi que Maguy Métellus, la « passionaria » de la culture haïtienne à Montréal, accompagnée du musicien Haïtien qui est de tous les spectacles, Oswald Durand Jr. dit ‘’Ti-Flûte » .

Le dossier de presse de Sara présentant son premier album a été préparé avec soin et originalité ; les journalistes l’ont reçu à l’entrée avec le CD et une petite boîte de produits cosmétiques.

Le père de Sara très fier, accompagné de la chroniqueuse culturelle Francine Grimaldi de Radio Canada

Oui, Sara en a profité pour jouer d’une pierre deux coups : lancer son album simultanément avec sa propre ligne de beauté portant son nom. N’est-ce pas hasardeux ? Ces produits seront-ils disponibles sur le marché local ?

C’est le but éventuel poursuivi par la chanteuse qui nous a confié que, pour le moment, cette ligne ne sera disponible que lors des performances.

C’est un des éléments de sa campagne promotionnelle qui lui permet de rejoindre le public d’une façon différente, d’une façon sensuelle... (dans le sens des sens) et qui n’est point éphémère, selon Sara Rénélik, « tout comme l’album », précise-t-elle.

De plus, cette initiative encourage le travail de "Jacinthe & Maryssa" , une petite entreprise qui se spécialise dans la confection de produits de beauté confectionnés à partir d’ingrédients naturels.

Pierre Emmanuel de Radio CPAM

C’est aussi une façon pour la chanteuse d’encourager le commerce local, les productions indépendantes et écologiques.

Un parcours impressionnant

Sara Rénélik lance son premier album, mais elle n’est pas une nouvelle venue dans le showbiz local.

Sara est une auteure-compositeure interprète et chorégraphe, reconnue pour son authenticité et sa diversité. Passionnée par la danse depuis son enfance, elle pratique cet art avec ferveur et talent depuis son adolescence.

Elle a d’abord étudié dans les écoles de danse et les troupes de la région de Montréal (Ballets Modernes du Québec sous la direction de M. Hugo de Pot, Ballets Jazz du Québec, Dance Factory sous la direction de M. Don Jordan et Philip Cole), et plus tard aux Grands Ballets Canadiens avec M. Claude Champoux.

Maguy Metellus et Oswald Durand Jr dit ’’Ti Flute’’

Ces institutions lui permettent de développer une connaissance de base en ballet classique, jazz, moderne et africain avec Mme Zelma Badu, avec qui elle poursuit un enseignement privé.

Sa passion créatrice trouve sa voie, lorsqu’elle participe au 2e Festival de Créations Jeunesse à l’âge de 11 ans et continue pour les cinq années consécutives.

Tout en poursuivant ses stages pour se perfectionner, elle participe, quelques années plus tard, à plus d’une vingtaine de vidéos-clips d’artistes québécois et européens. Mais, c’est en 1993 que la chance lui sourit lorsqu’elle trouve l’opportunité de travailler avec Céline Dion.

Grâce à son association avec M. François Pouliot, elle est engagée à titre de chorégraphe et danseuse pour le spécial télé The Color of my Love, co-produit par Cinoque Films. L’émission est alors diffusée partout au Canada et aux Etats-Unis.

L’entrée en scène de Sara Rénélik

René Angélil, producteur et désormais l’époux de Céline Dion, lui demande alors de suivre la tournée de ce même album qui a lancé Céline Dion sur la scène mondiale. Celle-ci l’amène sur les plateaux de tournage du Tonight Show de Jay Leno, du Friday Night, du Universal Studios Summer Blast et sur les scènes du Forum et des plus grands stades du Canada en première partie du chanteur Michael Bolton.

Avec ce nouveau souffle, et désireuse d’approfondir son talent, elle suit un stage d’entraînement intensif ainsi qu’un stage d’étude indépendante au fameux Alvin Ailey American Dance Center à New York pendant deux ans.

à€ son retour, elle offre des stages d’entraînements dans différents contextes ; Cirque du Soleil (troupes de Saltimbanco et La Nuba), pour lequel elle performe également le rôle de Gaïa dans Dralion, Ecole Nationale du Cirque et pour le National Aboriginal Achievment Foundation Awards, pour lequel elle assure la chorégraphie du spectacle d’ouverture.

Ouverture du spectacle

Avec le groupe Rude Luck ( le premier groupe de Luck Mervil) , elle parcourt ensuite le Québec à titre de choriste-danseuse et prend part à de nombreux événements culturels, tels que les Francofolies de Montréal, le Festival de Montgolfières de Saint Jean-sur-Richelieu, et passe dans plusieurs shows télévisés.

En 1999, Sara Rénélik aborde un nouveau tournant en rencontrant la chorégraphe du Cirque du Soleil. Mme Debra Brown requiert ses services d’assistante chorégraphe pour le spectacle du Sommet des Amériques à Québec. C’est à la suite de celui-ci que Sara joint la troupe de Mme Brown.

Apogée, Tournée californienne, événements télévisés, tels que le Prix du Gouverneur Général 2002, le Canada’s Walk of Fame 2002 etc. Sara poursuit cette enrichissante collaboration en tant qu’auteure-compositeure interprète.

En tant que chanteuse, elle a participé récemment aux émissions Belle & Bum avec Normand Brathwaite et Sophie Durocher, au Plaisir croît avec l’usage à Télé Québec, aux Beaux Dimanches de Radio-Canada, à l’émission Musique du monde d’ici avec Dan Bigras, sur scène au Festival de Jazz de Montréal avec Harold Faustin en 2001 et avec Yakengue en 2003, au Festival Nuits d’Afrique avec Harold Faustin en 1999 et avec Eval Manigat & Tchaka en 2000, à la Marche Mondiale des Femmes et au fameux WOMEX à Berlin en 2000 pour n’en nommer que quelques-uns.

Elle poursuit aujourd’hui sa passion et aspire à la partager de plus en plus, en organisant des ateliers/performances, des apparitions-télé, des spectacles, elle transcende cette flamme, cet amour pour l’art.

Sara en pleine action

Un amour qui transparaît dans son tout premier album « Aube », lancé le 18 mai dernier, dans un court spectacle très réussi au Lion d’Or de Montréal.

Nous avons saisi cette opportunité pour interviewer Sara Rénélik afin que le public haïtien puisse partager sa flamme, sa passion et sa générosité.

Sara Rénélik : à cœur ouvert

N. Roc - Vous avez décidé de vous lancer dans une carrière solo. Cela vous paraissait-il être un aboutissement logique de votre parcours ?

S. Rénélik - Oui, tout à fait. Autant en danse qu’en chant, j’ai toujours eu une personnalité rebelle, en ce sens que j’aspirais toujours à réaliser mes propres créations, mon propre univers...

Depuis petite, cela m’habitait. Cela me rappelle ma toute première création en danse, où à l’âge de 6 ans, je présentais une pièce à l’école sur la musique des Jeux Olympiques de 1976 dans laquelle on entendait, Je t’aime en presque toutes les langues du monde... Même en créole ! Celle-ci m’avait marquée et représentait très bien ma personnalité artistique et le message que je voulais déjà partager...

Sara et ses choristes, Sylvie Charest et Marilyn Félix

La musique est un aboutissement naturel de toutes ces merveilleuses expériences qui m’ont fait beaucoup grandir, comme, entre autres, ma rencontre avec Emeline Michel. La première fois que je l’aie vue lors d’un spectacle aux Francofolies au début des années 1990, elle m’a beaucoup inspirée et n’est pas étrangère au parcours que j’entame aujourd’hui. Des artistes comme Eval Manigat et Harold Faustin ont aussi beaucoup contribué à mon développement et à la connaissance de notre musique haïtienne.

Aujourd’hui, je dévoile une signature personnelle qui n’a eu pour moi comme seul réel parallèle d’inspiration des artistes comme Debra Brown (chorégraphe du Cirque du Soleil) et la grande Toto Bissainthe.

N. Roc - Après avoir collaboré avec des artistes et troupes prestigieuses (Céline Dion, Cirque du soleil), ce choix est-il difficile ou est-il un défi pour vous ?

S. Rénélik - C’est bien sûr un défi, car j’ai souvent participé à des contextes créatifs où la barre d’expertise et d’exigence était haute. Je suis donc une grande perfectionniste qui est à la fois bénie et condamnée par cette exigence.

Cela demande aussi, à l’époque où nous vivons, soit de gros budgets soit de grands cœurs généreux.

Sara interprétant ’’Sa va kon sa’’

Or, ceci est de plus en plus difficile à trouver, car tous et chacun sont inévitablement pris dans la course folle de notre société de consommation et de survie. J’ai donc dû être patiente et têtue face à mes priorités artistiques. Le défi était et demeure toujours.

N. Roc - Le style de votre premier album a été qualifié « d’urbain naïf ». Que signifie ce terme, selon vous, et pensez-vous inaugurer un nouveau style, alors qu’il aurait pu être classé dans la catégorie « world music » ?

S. Rénélik - Le terme de world music est si large. Lorsque vous allez chercher l’album chez Archambault, vous le trouverez bien sûr dans la section Musique du Monde. Tout style a connu ses pionniers et ses dérivés.

Urbain naïf, baptisé par notre innovateur réalisateur, Charles Papasoff, ouvre, à ce monde que l’on connaît, de l’art naïf par son innocence, son regard sincère et imaginaire sur le monde de tous les jours.

L’Urbain se traduit par ce même regard du quotidien, maintenant établi dans les rues de la ville, les back streets !! Cette même simplicité plus corsée, plus enracinée et rebelle... Inaugurer... pourquoi pas ?!

N. Roc - Vous prenez un soin particulier à l’image que vous projetez sur scène, aussi bien que sur votre site, votre album, vos photos etc. Or, dans la vie, vous êtes très « zen » et simple. D’où vient cette dualité chez vous ?

S. Rénélik - L’univers scénique représente pour moi un monde rêvé, souhaité, qui, j’espère un jour, sera peut-être à nos côtés.

Sara Rénélik à l’aube de sa carrière solo

Un monde féerique, où la créativité occupe une place primordiale. Un monde, où les couleurs, les textures et les odeurs, que nous offre la nature, abondent (un peu comme l’Haïti de mon enfance d’ailleurs...).

Peut-être, un jour, aurais-je l’extravagance et l’audace de l’exprimer dans mon quotidien ?!

Par contre, l’aspect extérieur, l’image que vous projetez, peut être d’une grande importance dans la façon que les gens vous perçoivent. La simplicité permet souvent de vraiment entrer en contact avec le vrai des gens et de soi-même dans un monde trop matérialiste.

Sans aller aux extrêmes, j’adore la simplicité gracieuse. C’est pourquoi j’apprécie, entre autres, ces robes arabes dans lesquelles vous vous sentez calme et en contact avec l’essentiel. Essayez, vous verrez.

N. Roc - Parlez-nous de votre premier album ? Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontées et quelles satisfactions vous en avez tirées ?

S. Rénélik - Ouf ! Je pourrais écrire un livre ! J’essaierai d’être concise et brève...

Je commence d’abord par votre deuxième question, c’est plus facile.

Satisfaite, je le suis, grandement, car quand j’entends l’album, il me fait ressentir ce que je ressens lorsque les musiciens jouent à mes côtés en live. Là était le grand défi. La réalité de l’industrie musicale, baignée et quelquefois noyée dans les intérêts financiers, noie aussi trop souvent la simplicité et la créativité des productions. Le monde musical, et surtout le monde de la world music, est en train de remettre ces paramètres en question, heureusement. D’ailleurs, je pèse mes mots sur ce propos, car il ne faut pas sous-estimer l’influence qu’exerce la Musique du Monde aujourd’hui. J’ai hâte que les statistiques apparaissent nombreuses...

Sara sur scène

Les difficultés se sont donc reposées sur de multiples paramètres : la façon d’enregistrer les instruments, le fait de laisser les peaux des tambours résonner en toute liberté !!! Quel parallèle n’est-ce pas ! Les 6X8 ressentis en 4X4, les différentes façons de travailler et de communiquer entre musiciens de diverses origines, etc. Le fait aussi de porter trop de chapeaux dans une production indépendante qui se devait de l’être pour conserver son intégrité... Tout cela, mêlé dans un plaisir de partager ce projet avec une équipe extraordinairement talentueuse, il faut le dire...

N. Roc - Selon vous, comment votre album a-t-il été accueilli par la presse musicale canadienne et les médias, après son lancement le 18 mai dernier ? Quels sont les feedbacks ?

S. Rénélik - Il est un peu trop tôt pour faire un survol général et définitif de l’accueil de l’album, car nous sommes à quelques jours après le lancement.

Par contre, je peux être enjouée par les premiers commentaires, entre autres de Mme Catherine Perrin de la première chaîne de Radio Canada qui était emballée par l’album, de M. Yves Bernard de CIBL et du quotidien Le Devoir, qui lui aussi avait multiples éloges, des personnes comme Yvon Chery et Yvon Bastien de CPAM qui en sont charmés, et demain nous aurons l’occasion de rencontrer M. Daniel Lafrance, animateur à l’émission Rythms International sur Mix 96 et chroniqueur de Musique du Monde sur le journal Voir..., à voir...

N. Roc - Vous avez dit que la date du 18 mai n’était pas voulue au début pour le lancement de votre album. Pourtant, vous en avez fait le choix et le drapeau haïtien était bien présent sur scène jeudi. Comment vivez-vous votre double identité culturelle ?

S. Rénélik - Vous savez, je devrais probablement avoir honte de divulguer que je ne connaissais pas ma date du 18 mai !!! Non, je ne la connaissais pas. Je ne l’ai apprise ni à l’école, ni à la maison.

Sûrement, beaucoup d’Haïtiennes et d’Haïtiens d’origine de ma génération vivent cette même honte et frustration à l’idée de ne pas connaître assez l’histoire de notre terre d’origine. Cela n’a pas été une priorité pour nos parents de nous appendre ces choses.

Pas de 18 mai sans le drapeau haïtien !

Depuis un moment, j’ai soulevé ce voile et préféré prendre cette responsabilité moi-même : en apprendre davantage sur cette origine qui me rend si fière et ki fè’m kanpe dwat ! Cependant, cette date n’était venue à la surface qu’à la suite de ce choix, lorsque mes compatriotes me le rappelaient, et je suis heureuse de dire qu’elle a semblé avoir choisi de pénétrer ma vie de cette façon, avec un symbolisme spirituel et militant profond, avec aussi une actualité perçante et transcendante.

N. Roc - Quels sont les artistes (Haïtiens et étrangers) qui vous ont le plus influencée ?

S. Rénélik - Comme je le disais plus tôt, Toto Bissainthe par ses compositions et interprétations si théâtrales, si respectueuses du bassin traditionnel haïtien. Tabou Combo par leur fougue, leur musicalité effervescente. Mano Charlemagne et Beethova Obas par leur profondeur, leur étourdissante simplicité. Notre Reine, Emeline Michel, par sa grâce, sa beauté, son intégrité inébranlable.

Parmi les premiers grands qui ont côtoyé nos tourne-disques à la maison, je note bien sûr, Carlos Santana qui me faisait virevolter avec Black Magic Woman dès l’âge de cinq ans, Harmonium, Jean Michel Jarre, Cat Stevens, Frank Zappa, David Bowie, Peter Gabriel, Diane Dufresne, Prince, Michael Jackson, la liste est longue... Ils, elles m’ont tous et toutes influencée à des échelles variables..

N. Roc - Quels sont vos futurs projets ?

S. Rénélik - Etant porte-parole de la levée de fonds pour le Monument de Toussaint Louverture, nous avons de multiples activités qui s’annoncent pour réaliser ce beau projet.

Sara, ses choristes et un pilon traditionnel

De plus, j’aurai bientôt l’heureuse opportunité de performer quelques compositions de l’album dans un spectacle d’envergure au Centre Pierre Péladeau le 13 juin prochain, sous la direction de la chorégraphe du Cirque du Soleil, Mme Debra Brown. Une tournée de spectacles au Québec ainsi que quelques projets secrets, que vous connaîtrez au moment désigné par le Grand Maître, s’annoncent également...

N. Roc - Souhaiteriez-vous performer en Haïti un jour ? Quel est le message que vous souhaitez transmettre à vos compatriotes aujourd’hui ?

S. Rénélik - J’attends ce jour avec impatience... On y travaille. Le message est dense... D’abord, je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre de cette terre mystérieuse et que cela influencera tout ce que j’ai à partager avec mes compatriotes. Ce que je puis dire aujourd’hui, c’est qu’en tant que femme née ailleurs, j’entends l’appel puissant de ma terre.

Nous nous devons de la chérir comme un enfant, en commençant par trouver des moyens pour respecter et prendre soin de la terre, proprement dit l’agriculture. D’ailleurs, un des piliers, de la gouverne de Toussaint Louverture qui m’inspire beaucoup, est « C’est dans la terre qu’est notre vraie liberté ».

Nancy Roc, Montréal, le 21 mai 2006
rocprodz@yahoo.fr