Haïti a besoin d’un “partenariat vigoureux” avec la communauté internationale, selon Kofi Annan

Texte des remarques du Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, en ouverture de la réunion du Conseil de sécurité sur Haïti, le 27 mars

Repris par AlterPresse du centre de nouvelles ONU

C’est un plaisir de voir de nombreux ministres parmi vous, venus participer à cette importante session et je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour parler d’Haïti. Je souhaite la bienvenue à M. Préval, le nouveau Président, et lui présente mes sincères félicitations.

Le premier tour des élections législatives, qui s’est tenu le mois dernier, a clairement montré que les Haïtiens ont foi dans le processus démocratique et sont déterminés à repartir d’un bon pied. Le taux de participation, le nombre de personnes qui ont attendu patiemment pour voter et le caractère pacifique et pluraliste du processus électoral ne laissent aucun doute.

Permettez-moi aussi de souligner tout le travail qu’a fait la MINUSTAH [1] pour que l’espace politique et les conditions de sécurité nécessaires à des élections dignes de ce nom puissent exister. Je sais que le Conseil tiendra comme moi à saluer la façon dont mon Représentant spécial, Juan Gabriel Valdés, a mené les opérations.

L’évolution de la situation doit nous convaincre de redoubler d’efforts. En effet, Haïti ne fait que commencer le long voyage qui mène à un avenir stable et démocratique ; il a besoin de notre aide pour atteindre sa destination, et mérite que nous la lui apportions. Un partenariat dynamique doit se créer entre les dirigeants et le peuple haïtiens, d’une part, et la communauté internationale, de l’autre.

Nous devons tous épauler le nouveau Président dans ses efforts pour promouvoir une réconciliation politique générale. Les structures de gouvernement d’Haïti ont besoin d’être généreusement soutenues. Les citoyens aussi, eux qui subissent des épreuves quotidiennes et vivent dans des conditions de sécurité non seulement inacceptables, mais également incompatibles avec la stabilité du pays.

Dans les jours qui ont suivi les élections, le Conseil de sécurité a décidé de proroger le mandat de l’opération des Nations Unies en Haïti pour une nouvelle période de six mois. Par la même occasion, il a exprimé son intention d’autoriser de nouvelles prorogations. Il est juste, et nécessaire, qu’une opération de maintien de la paix multidimensionnelle se poursuive. Mais la MINUSTAH ne peut répondre qu’aux besoins les plus urgents. Ses efforts doivent être complétés et poussés plus loin moyennant une aide bilatérale généreuse et coordonnée.

Les Haïtiens et les Haïtiennes ont montré qu’ils croient en un avenir meilleur. Nous devons travailler avec le nouveau Président et son équipe, ainsi qu’avec eux, pour qu’ils réussissent.