Haïti : Préval pour le maintien de la Mission onusienne

P-au-P, 27 mars 06 [AlterPresse] --- Le nouveau président haïtien, René Garcia Préval, a souhaité ce 27 mars 2006 que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) participe au renforcement de la police haïtienne et du système judiciaire ainsi qu’au processus de désarmement et de démobilisation des bandes armées, selon les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.

Cette position du nouveau président élu intervient, quelques jours après le débat controversé, provoqué dans le pays par ses déclarations au Brésil, devant des militaires du pays géant sud-américain, en faveur de l’abolition définitive des Forces Armées d’Haïti, de fait démobilisées depuis 1995.

Préval, qui rentrera en fonction le 14 mai prochain, a sollicité l’appui financier et technique de la communauté internationale pour la mise en œuvre du Programme de démobilisation, de désarmement et de réinsertion (DDR).

Sur le plan politique, le nouveau chef de l’Etat, qui attend d’être investi dans ses nouvelles fonctions après les résultats des prochaines législatives du 21 avril 2006, déclare entreprendre des « pourparlers avec la classe politique et les autres composantes de la nation pour que nous arrivions enfin à la réconciliation politique et sociale ».

« L’objectif est de jeter les bases d’un système socio-politique pacifique et démocratique, éléments indispensables à la stabilité, la sécurité, la relance économique et la construction d’une société sans ostracisme », indique le président proclamé élu d’Haïti le 16 février 2006 par le Conseil Electoral Provisoire (CEP), au fort d’un mouvement de partisans de la plate-forme politique « Lespwa » (Espoir) réclamant René Préval comme vainqueur du scrutin présidentiel du 7 février.

Parlant au nom du Groupe de Rio, Samuel Insanally de la Guyane se dit heureux d’apprendre que le président René Préval appelle au maintien de la MINUSTAH, afin de consolider le processus démocratique.

Insanally a mis l’accent sur l’importance de la coopération, notamment dans le domaine de l’éducation en souhaitant la mise en œuvre d’un système d’éducation en phase avec les besoins particuliers d’une population très largement créolophone.

Participant elle aussi à la réunion, la ministre des affaires étrangères de la Grèce, Theodora Bakoyannis, appelle les nombreuses bandes armées, qui existent encore en Haïti, à déposer les armes et coopérer aux programmes de réinsertion prévus par la communauté internationale.

« à€ cet égard, annonce la chancelière Bakoyannis, la Grèce apportera une contribution supplémentaire de 100 000 euros au montant identique (100 mille euros) qu’elle a versés l’année dernière par le biais des institutions de l’Union Européenne pour la reconstruction d’Haïti ».

Pour sa part, le chef de la MINUSTAH, Juan Gabriel Valdès, a estimé que « tant que la fracture sociale n’aura pas été réduite, l’objectif de réintégrer pleinement cet Etat, le plus pauvre de l’hémisphère, ne pourra être pleinement achevé ». [do rc apr 27/03/2006 16:00]