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Les troupes brésiliennes demeureront en Haiti le temps qu’il faudra, selon Lula

P-au-P., 13 mars. 06 [AlterPresse] --- Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a exprimé ce 13 mars la volonté de maintenir les troupes brésiliennes en Haïti tout le temps nécessaire, suivant les vœux des autorités haïtiennes et de celles des Nations Unies.

« Nous sommes subordonnés à l’orientation de l’ONU et à la volonté souveraine du peuple et du gouvernement d’Haïti », a déclaré Lula lors d’un programme radiophonique.

Ces déclarations sont rapportées par l’agence espagnole EFE qui informe d’un entretien qui s’est déroulé entre Lula et le président élu haïtien René Préval, le 11 mars à Brasilia. Les deux chefs d’Etat ont ensuite voyagé ensemble au Chili où ils ont assisté à l’investiture de la présidente Michelle Bachelet.

Préval a dit au président brésilien que la présence des troupes onusiennes sera nécessaire en Haiti « jusqu’à ce qu’on puisse consolider la structure policière haïtienne, de manière à ne pas créer un vide » en matière de sécurité, a expliqué Lula.

Selon le numéro un brésilen, lorsque les Nations-Unies considéreront comme accomplie la mission des casques bleus, les troupes brésiliennes « rentreront au Brésil avec la conscience tranquille ».

1.200 soldats brésiliens intègrent la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH). Cette force est composée d’un total de 6.700 militaires et de 1.622 policiers de plusieurs pays, avec une dominante latino-américaine.

A Santiago, Préval a déclaré le 12 mars à la presse qu’il serait « irresponsable » de la part de la communauté internationale de vouloir retirer ses forces d’Haiti, dans les conditions actuelles.

Préval a tenu ces propos au palais de la Moneda, suite à un entretien avec la nouvelle présidente chilienne, qui est entrée en fonction le 11 mars. Il a remercié le Chili de l’appui fourni au processus de stabilisation et de récupération de la démocratie en Haiti, rapporte la presse hispanophone.

« Nous venons de faire un pas très important pour la démocratie en Haïti avec les élections de du 7 février dernier », a affirmé Préval, soulignant une amélioration de la situation de sécurité. « Mais nous savons que la démocratie à elle seule ne va pas améliorer les conditions de vie de la population », a-t-il ajouté.

La MINUSTAH pourrait demeurer au moins 2 à 3 ans encore en Haiti, selon des déclarations de son commandant brésilien, le général José Elito Carvalho Siqueira à la presse brésilenne.

548 fonctionnaires internationaux, 154 volontaires des Nations Unies et 995 fonctionnaires haitiens travaillent également à la MINUSTAH.

La nouvelle étape de la tournée latino-américaine de Préval est l’Argentine (après le Chili et le Brésil où il était arrivé le 9 mars). Il doit rentrer à Port-au-Prince le 14 mars. [gp apr 13/03/2006 10:20]