Koïchiro Matsuura : " Il est (...) juste et nécessaire que les femmes prennent part aux instances de prise de décisions "

Extraits du message du Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, à l’occasion du 8 mars 2006, journée internationale des femmes

Transmis à AlterPresse le 7 mars 2006

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Une meilleure représentation politique des femmes suppose une participation accrue à la vie politique, d’où la nécessité de mener des actions concrètes pour renforcer la capacité des femmes à assumer des responsabilités et à participer à la prise de décisions et aux organes décisionnaires. Tous les organismes des Nations Unies adhèrent à ce programme d’autonomisation des femmes. L’UNESCO considère pour sa part que ses programmes dans le domaine de l’éducation, y compris son rôle de coordonnateur mondial du mouvement en faveur de l’Education pour tous (EPT), occupent une place centrale dans son action à cet égard. C’est d’abord et avant tout par l’éducation que nous pouvons combattre et corriger les inégalités et lutter contre l’ignorance, l’intolérance, la discrimination et les stéréotypes. Dans son action en faveur du renforcement des capacités des femmes, l’UNESCO œuvre en étroite collaboration avec les gouvernements, les acteurs de la société civile, le secteur privé et les médias. à€ cet effet, la Conférence générale de l’UNESCO a approuvé à sa dernière session, en octobre 2005, la création, sous l’égide de l’UNESCO, du Centre international pour l’éducation des filles et des femmes en Afrique dans le but de « promouvoir la participation effective des femmes aux décisions communautaires, nationales, régionales et internationales ». L’UNESCO appuie en outre les efforts visant à accroître la participation des femmes aux processus d’édification de la paix et leur rôle dans des situations d’après-conflit par des projets comme ceux qui sont menés dans la région des Grands Lacs, en Iraq et en Palestine.

Il existe une relation fondamentale entre le développement et l’autonomisation politique des femmes. Le document final du Sommet mondial de 2005 affirme que « la réalisation effective et intégrale des buts et objectifs énoncés dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, ainsi que l’application effective et intégrale du texte issu de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, sont indispensables à la réalisation des objectifs de développement convenus sur le plan international, y compris ceux de la Déclaration du Millénaire ». à€ cet égard, parmi les engagements de l’UNESCO figure celui de promouvoir des stratégies et mécanismes de gestion de l’environnement tenant compte des sexospécificités et celui de renforcer la parité entre les sexes dans tous les domaines de programmation de l’UNESCO, en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement des capacités et la préparation des femmes aux responsabilités décisionnelles. En tant qu’organisation chef de file de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable (2005-2014), l’UNESCO promeut l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes, conditions indispensables pour construire un avenir viable.

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Je suis heureux de noter que l’UNESCO est, au sein du système des Nations Unies, une des premières institutions à avoir répondu à l’appel lancé par les dirigeants du monde lors du Sommet du Millénaire de 2005, dont le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, s’est fait l’écho, à « intégrer une perspective sexospécifique dans toutes ses politiques et ses programmes comme un instrument pour atteindre l’égalité entre les sexes ». L’UNESCO a élaboré et commencé à mettre en œuvre un Programme de renforcement des capacités et de formation pour l’intégration de la perspective sexospécifique, obligatoire pour tous les directeurs et membres du personnel du cadre organique au Siège de l’UNESCO et dans les bureaux hors Siège.

Cette année, l’UNESCO organisera à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme une Table ronde sur le thème « Les femmes en politique » qui réunira des femmes occupant des postes de responsabilité au plus haut niveau dans leur pays. Je suis particulièrement heureux que S. E. Mme Ellen Johnson-Sirleaf, présidente du Libéria, ait bien voulu accepter d’en être l’Invitée d’honneur et d’en prononcer l’allocution liminaire. L’élection à la présidence de Mme Johnson-Sirleaf au Libéria et de Mme Michelle Bachelet au Chili donne une impulsion bienvenue à la représentation des femmes dans les organes décisionnaires. De tels événements donnent de nouvelles raisons d’espérer que nous allons progresser vers l’égalité des sexes. Des ministres femmes du monde entier, représentant différents secteurs et domaines de compétence de l’UNESCO, participeront à la Table ronde.

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