Les technologies de l’information et de la communication, une opportunité pour Haiti

P-au-P, 7 mars. 06 [AlterPresse] --- Haïti devra profiter des opportunités offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pour assurer son développement durable, selon plusieurs spécialistes.

Trouver les voies et moyens pour mettre les TIC au service du développement durable et de la création des conditions de vies décentes des démunis haïtiens, est un enjeu majeur, selon le professeur Frantz Vérella de l’Université d’Etat d’Haïti.

L’universitaire estime que les technologies de l’information et de la communication transforment la nature du travail et instaurent de nouvelles relations de travail.

Aux côtés de l’informaticien Stéphane Brunot et de Fritzie Leroy du Bureau de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), Vérella intervenait le 21 février 2006 dans une table ronde à l’Institut Français d’Haiti autour du thème « Nouvelles technologies de l’information et de la communication : la nouvelle société du savoir ».

Lors de cette conférence, il s’agissait pour ces trois experts de revenir sur l’impact économique, politique et technologique du « fossé digital » existant entre les pays du Nord et du Sud et de s’interroger sur les voies à prendre pour transformer les défis en opportunités de changement.

Frantz Vérella passe au peigne fin les difficultés que rencontrent les pays du Sud en matière de TIC. Il évoque surtout la question de la langue utilisée dans l’élaboration des programmes informatiques. « Les contenus, majoritairement en anglais, ne sont pas appropriés à des pays en développement, comme Haïti », souligne Frantz Vérella.

Verella, ancien ministre des Travaux Publics durant l’administration de Jean Bertrand Aristide en 1991, croit qu’il faut « faire entrer la jeunesse dans l’ère numérique » à travers des démarches visant à « apporter une réponse nouvelle à un problème ancien qui est l’inégalité des revenus ».

Selon l’informaticien Stéphane Brunot, le prochain gouvernement haïtien aura de grandes responsabilités en matière de technologies et de communication.

Consultant au Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), Brunot propose à la nouvelle équipe gouvernementale de « séparer le secteur Technologie » du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communication (MTPTC) et de doter le pays d’un ministère de Technologie et de l’Information.

Ceci, avance-t-il, dans l’objectif de faciliter l’investissement privé et la création d’entreprises, notamment par les jeunes.

Cette proposition n’a fait pas l’unanimité au sein du public. Certains ministères créés depuis des années n’ont pu jusqu’à présent arriver à s’acquitter de leur tâche, rétorque une participante. Elle propose, de préférence, la création d’un institut de recherches en technologie de l’information et de la communication.

« Un ministère de l’environnement a été créé, tandis que l’environnement continue à se dégrader ».

Stéphane Brunot soutient également l’idée d’une législation sur la transaction électronique. L’expert national pense que le prochain parlement devrait plancher sur cette question.

Fritzie Leroy reconnaît, pour sa part, que les TIC font partie des freins au développement d’Haïti. Selon elle, pour remédier à cette situation, il faut encourager la formation à la maîtrise de l’outil informatique.

« Utiliser l’outil informatique pour diminuer le taux d’analphabétisme » en mettant en place des télécentres communautaires », préconise la représentante de l’AUF à cette conférence-débat.

Les trois intervenants restent persuadés que l’Internet pourrait contribuer au développement économique, social et culturel d’Haïti.

Pour le professeur Frantz Vérella, il faut favoriser l’émergence d’une connexion Internet à bon marché dans le pays.

Selon Stéphane Brunot, des démarches sont en cours en vue de l’exploitation des câbles sous-marins disponibles dans la région.

Une problématique non abordée, mais qui suscite déjà un important débat au niveau mondial est la gouvernance de l’Internet. Un forum est prévu par l’ONU suite à une demande formulée par le Sommet mondial sur la société de l’information.

Nitin Desai, Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Sommet, a tenu des consultations les 16 et 17 février 2006 à Genève, dans le but de définir une interprétation commune sur la façon dont le Forum devrait fonctionner.

L’idée d’un Forum ouvert et inclusif, où peuvent participer toutes les parties concernées ayant une expérience et une expertise reconnues sur les questions liées à l’Internet, a été émise lors de ces consultations. [do apr 7/03/2006 09 :30]