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Haiti - Elections : Système électoral et opérations de vote

P-au-P., 7 févr. 06 [AlterPresse] --- Le système électoral haïtien devrait franchir une nouvelle étape ce 7 février, 20 ans après la chute de la dictature des Duvalier.

Des nouveautés ont été introduites dans les mécanismes électoraux, notamment l’introduction de la Carte d’Identification Nationale (CIN) basée sur des archives électroniques d’envergure nationales.

On assiste également ce 7 février à l’expérimentation de centres de vote, regroupant des bureaux de vote, d’un centre de tabulation, traitant électroniquement les résultats des élections qui sont directement transmis à un centre de diffusion des résultats.

A signaler également que pour la première fois, les procès verbaux doivent être plastifiés, afin d’éviter toute falsification, martèlent les autorités électorales.

Cependant, les fondements du système électoral haïtien demeurent inchangés. Ce Conseil Electoral Provisoire (CEP), créée le 4 avril 2004, un mois après la chute de l’ex président Jean Bertrand Aristide, est l’autorité électorale suprême, en dépit d’une grande implication de la communauté internationale.

Le CEP est formé de 9 membres, choisis par plusieurs secteurs, dont les églises, les coalitions politiques et les secteurs civils. Le CEP remplit sa mission, avec l’appui de ses instances qui sont les 11 Bureaux Electoraux Départementaux (BED) et 133 Bureaux Electoraux Communaux (BEC).

Cette structure a conduit le processus d’enregistrement de 3,5 millions des plus de 4.5 millions de personnes en age de voter (18 ans).

L’inscription sur les listes électorales est obligatoire pour tous les citoyens haïtiens, mais le vote n’est pas obligatoire.

Selon les données officielles, 90% des personnes enregistrées sur les registres électoraux ont retiré leurs CIN, qui leur donnera accès aux 9200 bureaux de votes, entre 6 :00 AM et 4 :00 PM. Ces bureaux sont répartis à travers 804 centres de votes dans les différentes régions d’Haïti.

A ces élections, prennent part 33 candidats présidentiels. Des 35 qui ont été agréés par le CEP, Jean Jacques Sylvain, chef du Parti des Industriels Travailleurs Agents de développement et Commerçants d’Haïti (PITACH) est décédé le 30 janvier. Un autre candidat présidentiel, Frantz Perpignan, du Parti Démocrate Chrétien Haitien (PDCH), a annoncé qu’il a fait retrait de sa candidature.

Une seule femme, Judie C. Roy du parti Regroupement Patriotique pour le Renouveau National (REPAREN), se présente à ces présidentielles.

Au niveau des législatives, environ 1300 candidats sont dans la course pour 30 postes de sénateurs (3 par département) et 99 sièges de députés.

Le système électoral haïtien prévoit que les candidats doivent être élus à la majorité absolue des électeurs, soit 50% des votes plus un. Ce principe est applicable tant pour le scrutin présidentiel que le législatif. Si un second tour est nécessaire, il aura lieu le 19 mars, selon ce qu’a prévu le CEP.

Ces élections sont observées par plus de 36.000 observateurs nationaux et internationaux ainsi que 125.000 mandataires de partis politiques.

Les élections en Haïti suscitent beaucoup d’expectatives, à cause, entre autres, de plusieurs problèmes d’ordre organisationnel, qui ont empêché la réalisation du scrutin aux dates prévues précédemment.

Des difficultés ont notamment affecté les opérations d’enregistrement des électeurs, la distribution des cartes électorales et l’établissement des centres et les bureaux de votes dans plusieurs régions.

L’insécurité a également eu des conséquences sur l’enregistrement des électeurs dans certains quartiers, dont Cité Soleil (périphérie nord de la capitale).

Mais, à la veille du scrutin, Haiti a plutôt connue une nuit calme et l’optimisme était de mise dans plusieurs secteurs, alors que tard dans l’après-midi, des électeurs essayaient toujours de retirer leurs cartes électorales. [gp apr 07/02/2006 05:00]