Haiti : Latortue ne pourra pas contraindre les journalistes à mettre en veilleuse leur sagacité

Mise au point du Groupe Médialternatif suite à des accusations de « désinformation » proférées par le premier ministre Gérard Latortue contre AlterPresse

Le Groupe Médialternatif réfute catégoriquement les allégations du premier ministre Gérard Latortue, le 31 janvier 2006, tentant d’associer son agence en ligne AlterPresse à une campagne de « désinformation » sur Haiti.

Le Groupe Médialternatif note que Latortue s’acharne contre l’agence, malgré la publication sur le site d’AlterPresse (www.alterpresse.org) d’une note de rectification du gouvernement, suite à la diffusion d’une information jugée « inexacte » par le bureau de communication du premier ministre (www.alterpresse.org/article.php3?id_article=3997).

AlterPresse a respecté les règles professionnelles en publiant le 24 janvier le communiqué gouvernemental, émis la veille, avec pour but de corriger l’information selon laquelle la Communauté de la Caraibe (CARICOM) conditionnerait l’envoi d’observateurs, aux élections prévues pour le 7 février 2006, à la libération de prisonniers proches du régime de Jean Bertrand Aristide.

Mais le gouvernement ne pouvait qu’admettre que les éléments fondant l’analyse faite par AlterPresse étaient bien contenus dans la note de presse du 13 janvier de la CARICOM.

AlterPresse a procédé à une lecture logique du communiqué de la CARICOM et la réalité a montré la validité de cette démarche : les lecteurs avertis ont su, entre-temps, prendre bonne note des dispositions officielles « pour permettre le départ (le 29 janvier) de l’inculpé (le père Gérard Jean-Juste, proche de l’ancien régime, emprisonné depuis juillet 2005 à Port-au-Prince) vers un pays où il peut être admis dans un centre spécialisé », afin de se faire soigner.

Le Groupe Médialternatif se passe des incohérences relevées entre les déclarations de Latortue, peu avant son départ le 24 janvier pour Trinidad, et celles tenues le 25 janvier à Port of Spain.

Latortue ne pourra pas contraindre les journalistes à mettre en veilleuse leur intelligence et leur perspicacité, en agitant l’épouvantail de la « désinformation ».

Que le premier ministre sache que, depuis sa création en 2002 par des journalistes reconnus pour leur honnêteté, AlterPresse s’est toujours évertuée à respecter strictement les règles de la déontologie. Sa boussole est bien la vérité et elle est définitivement caractérisée tant par son humilité que par son ton autonome et libre.

Port-au-Prince, le 1er février 2006

Gotson Pierre
Coordonnateur