Perspectives

Scruter le scrutin

Haïti - Elections : Faire avec ...


mercredi 18 janvier 2006

P-au-P., 18 janv. 06 [AlterPresse] --- Des problèmes techniques continuent d’affecter le processus électoral, contrairement aux promesses de divers responsables du Conseil Electoral Provisoire (CEP).

Alors que des annonces médiatiques encouragent les électeurs et électrices à aller retirer leurs Cartes d’Identification Nationale (CIN), dans certains centres, une bonne partie d’entre elles n’étaient toujours pas disponible, a constaté AlterPresse.

L’accès à l’information est très difficile dans les centres de distribution des CIN, lesquelles doivent permettre aux électeurs et électrices de se rendre aux urnes le 7 février, soit dans moins de 3 semaines. Le personnel de ces centres affirme n’être pas autorisé à fournir des données à la presse.

Mais dans les ambassades et certaines sphères internationales, l’information est disponible quotidiennement sur le développement de divers aspects du processus électoral, suivi à la loupe par des décideurs étrangers, à l’aide d’un chronogramme détaillé et des rapports actualisés.

Alors qu’il était à Buenos Aires pour prendre part à un mini-sommet latino-américain sur Haiti, le chef civil de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Juan Gabriel Valdes, a indiqué le 16 janvier que 80% des 3,5 millions de CIN ont été distribuées.

Les 20% restants, soit environ 700.000 cartes pourraient ne pas être distribuées, selon les mêmes déclarations de Valdes.

Des électeurs et électrices de Frères (nord-est de la capitale) ont confié à AlterPresse s’être rendus vainement, depuis le début de cette semaine, à 5 reprises dans des centres de distribution pour retirer leurs CIN.

Valdès a assuré que les élections se tiendront et qu’un éventuel report est à écarter. Il n’y a, dit-il, aucune raison qu’elles soient remises à plus tard.

Des partis et regroupements politiques qui exigent de meilleures conditions pour la réalisation du scrutin, devront peut-être donc se raviser.

Serge Gilles de la Fusion des Sociaux Démocrates et Paul Denis de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) font part au public de nombreux problèmes non résolus, qui pourraient affecter la participation d’une frange importante de l’électorat au scrutin.

Des candidats à la présidence, tels que Gérard Gourgues du Mouvement pour l’Unité Patriotique (MUP) et Hymmler Rebu du Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH) envisagent de se retirer de la course à cause des obstacles techniques et autres.

Parallèlement, certains problèmes en matière d’équipements et matériels pour des Bureaux Electoraux Départementaux (BED) n’ont toujours pas été résolus, même si certains responsables de ces structures expriment encore l’espoir de voir les obstacles aplanis dans les jours qui viennent.

Jaccyllon Barthélemy, président de l’un des deux BED de l’Ouest indique que « des démarches sont actuellement en cours pour un local et nous espérons qu’elles se concrétiseront ».

D’autre part, un climat et un sentiment de sécurité tardent toujours à s’établir, malgré de nombreuses arrestations annoncées par la police.

Pas plus tard que le 17 janvier, une fillette de 6 ans a été kidnappée à Pétion-Ville (est), a appris AlterPresse. Après des négociations avec les ravisseurs, l’enfant a été remise le lendemain à ses parents. [lf gp apr 18/01/06 23:00]