Haïti - Élections : La plate-forme politique Espoir dénonce une " campagne de dénigrement " contre René Préval

P-au-P, 16 janv. 06 [AlterPresse] --- La plate-forme politique Lespwa (Espoir) fustige le comportement de secteurs qui ont entrepris une « campagne de dénigrement » contre son candidat à la présidence René Préval, selon un communiqué distribué aux médias.

« Une campagne de dénigrement, d’accusations sans fondement et d’injures visant principalement le candidat à la présidence de Lespwa, René Préval, dure depuis bientôt une quinzaine de jour », dénonce la plate-forme dans ce communiqué.

Ancien Premier Ministre de Jean Bertrand Aristide, René Préval était président d’Haïti du 7 février 1996 au 7 février 2001.

Selon le directoire de cette coalition, cette « opération de calomnie et de désinformation systématique s’est soudainement accélérée », alors que les élections sont fixées au 7 février prochain.

Interrogé par l’agence AlterPresse, le numéro 2 de Lespwa, l’ancien député Joseph Jasmin, dit constater qu’à l’approche des élections, « un grand front commun » a pris naissance contre Préval.

« Il est illogique et même irréfléchi de faire des coalitions contre une personnalité. Ce serait mieux si ces secteurs pensaient, de préférence, à faire front commun pour l’avancement du pays », juge Joseph Jasmin.

L’ex-parlementaire, qui se garde de révéler les secteurs concernés, réaffirme l’engagement de son regroupement de ne pas marcher dans le sillage de ses « détracteurs ». Ces derniers, dit-il, se servent de « la douleur des victimes pour faire leur capitale politique ».

« Lespwa est partisan d’une campagne propre, non violente, d’une campagne contre l’insécurité, le kidnapping et l’impunité », martèle le vice responsable de cette plate-forme.

Lespwa est composé de Pati Louvri Baryè (PLB - Parti Ouvrez les Barrières), Effort et Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire / Coordination de la Résistance Grande Anse (ESCANP/KOREGA) et d’organisations paysannes, dont le Comité des Affaires Electorales Paysannes pour des Elections Propres (KOZEPEP), une structure promue par Préval à la veille des élections de l’année 2000 en Haiti.

Des chefs de gangs de Cité Soleil (vaste bidonville situé à la sortie nord de Port-au-Prince), dont Amaral Duclaunat et le nommé Damaseine, sont récemment intervenus dans des médias internationaux pour signifier leur soutien à René Préval.

Ces interventions sont notamment dénoncées par le coordonnateur du Groupe des 184 (associations de divers secteurs sous le leadership du secteur privé), André Apaid, et le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), Réginald Boulos.

A propos des déclarations de Damaseine à l’agence espagnole EFE et de l’apparition sur TV5 (chaîne de télévision internationale francophone) d’Amaral Duclaunat portant un t-shirt à l’effigie de René Préval, Joseph Jasmin affirme que de nombreux secteurs profitent de ces « faux arguments pour calomnier le candidat de Lespwa ».

Jasmin dit ne voir « rien de mal à ce qu’un individu porte un maillot à l’effigie d’un candidat ». Selon lui, on ne peut s’en servir pour faire de la politique. « Les gens sont libres de porter le maillot du candidat qui les intéresse ».

Cependant, estime l’ancien député, aucun gouvernement ne peut prétendre diriger le pays avec des éléments poursuivis par la justice. « Si une personne est en contravention avec la loi, elle sera poursuivie par la justice, on ne peut pas diriger avec cette personne », indique le numéro 2 de Lespwa.

Par ailleurs, Joseph Jasmin se montre également sceptique quant au respect de l’échéance du 7 février 2006 pour le premier tour des présidentielles. Il invite « les principaux acteurs concernés » à « assumer leurs responsabilités envers la nation ».

Joseph Jasmin informe que Lespwa clôturera sa campagne dans le département de l’Ouest, sans préciser le lieu exact de la tenue du meeting prévu.

Les élections haïtiennes sont déjà reportées à quatre reprises. Le 8 janvier 2006, le chef civil de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Juan Gabriel Valdés, avait déclaré que date du 7 février ne pourra plus être remise en cause. [do apr 16/01/2006 11 :30]