Haïti : Points saillants de l’actualité en 2005

P-au-P., 31 déc. 05 [AlterPresse] --- 1er janvier : Le président provisoire de la Republique tend la main à l’ancien president Jean Bertrand Aristide pour que celui-ci appelle ses partisans à renoncer à la violence. Boniface Alexandre s’exprimait a l’occasion du 201e anniversaire de la proclamation de l’independance d’Haiti.

10 février : 7 morts et une centaine de blessés à Port-au-Prince à l’occasion des trois jours gras, selon le bilan dressé par la Police nationale d’Haïti. Par ailleurs, la participation populaire (aux festivités) est moindre par rapport aux années antérieures. Mais, on a relevé beaucoup plus de couleurs et de déguisements.

19 février : Des individus armés livrent l’assaut contre le Pénitencier national, la principale prison du pays. Bilan : 1 mort, 3 blessés et plus de 400 évadés.

25 février : Nouvelle attaque de bandits armés contre le Village de Dieu situé au sud de Port-au-Prince. Bilan : au moins 7 morts.

11 Mars : Le transfert de l’ancien premier ministre d’Aristide, Yvon Neptune (du Pénitencier national) vers le centre hospitalier du contingent argentin de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (MINUSTAH) soulève le mécontentement des proches des victimes du massacre de la Scierie, à Saint Marc (96 kms au nord de la capitale) et des organisations haïtiennes de droits humains.

Mi-mars : Décès de l’éducateur de renom Joseph C. Bernard. Il est l’initiateur d’un programme de réforme du système éducatif entré en application en Haïti à partir de 1980.

20 mars : Haïti héberge les cérémonies commémoratives de la francophonie. Le pays accueille de nombreux invités de marque dont l’ancien président du Sénégal et l’actuel secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf.

21 mars : La MINUSTAH mène deux opérations à Petit Goâve (68 kms au sud de Port-au-Prince) et Terre Rouge (plus de 40 kms au nord-est de la capitale). Bilan : 2 militaires de la MINUSTAH tués, 2 anciens militaries haïtiens tués et 12 personnes blessées.
28 mars : Recrudescende de l’insécurité à Port-au-Prince. 2 policiers et un chauffeur de l’Autorité portuaire nationale (APN) sont assassinés, en plein jour, à Delmas 33, banlieue nord-est de Port-au-Prince.

9-10 avril : 2 redoutables chefs de bande, Ravix Remissainthe et René Jean Anthony ainsi que plusieurs de leurs affidés sont tués lors de deux opérations conduites à Delmas par la police haïtienne.

5 Mai : Durcissement de la législation pénale pour freiner le kidnapping. Suivant une décision adoptée en Conseil des ministres, les auteurs de rapts et leurs complices écoperont désormais de travaux forcés à perpétuité.

10 mai : la Cour de cassation annule la condamnation aux travaux forcés à perpétuité de 14 anciens militaires, dont l’ancien rebelle et para-militaire Louis Jodel Chamblain et l’ancien capitaine Jackson Joanis, impliqués dans le massacre de Raboteau en avril 1994.

31 mai : Incendie à l’un des marchés publics de la capitale dénommé Tête Boeuf par des individus armés. Bilan : 7 morts et des pertes matérielles estimées, par la Mairie de Port-au-Prince, à des millions de dollars.

Installation, au Palais national, de la Commission indépendante préparatoire du dialogue national.

1er juin : le Conseil de sécurité prolonge jusqu’à juin 2005 le mandat de la MINUSTAH.

Malaise au cours de ce mois entre la PNH et la MINUSTAH. La police haïtienne reproche à la force ONUsienne de ne pas la soutenir lors d’opérations dans les quartiers de Port-au-Prince réputés chauds.

1er juin : Décès à Port-au-Prince du consul honoraire de France au Cap-Haïtien, Paul-Henry Mourral, atteint de plusieurs balles presqu’à l’entrée de Cité Soleil, grande agglomeration, à la sortie nord de la capitale, contrôlée par des gangs armés proches de l’ancien régime (lavalas).

14 juin : Les parties politiques signent un code de bonne conduite, d’éthique et d’autorégulation électorale élaboré par l’Institut supérieur des sciences politiques et sociales (ISPOS).

22 juin : Nouveau remaniement du cabinet ministeriel. Le gouvernement se fixe, à travers le premier ministre Gérard Latortue, de nouvelles priorités.

30 juin : Le porte-parole de la MINUSTAH rectifie ce qu’il appelle une mésinterprétation par les citoyens haïtiens de l’article 8 de la résolution 1608 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Plusieurs secteurs avaient assimilé cet article à une mise sous tutelle de la PNH et du pays.

6 juillet : le plus important chef de gang d’Haïti, Emmanuel Wilmé dit Dread Wilmé, tué lors d’une operation conduite par la MINUSTAH à Cité Soleil.

8 juillet : Effondrement - à la suite de fortes averses, du pont de la ville de Grand Goâve (Sud de Port-au-Prince) provoquant 4 morts.

11 juillet : Le passage de l’ouragan Dennis sur le sud d’Haïti fait 11 morts, 3 disparus, 20 blessés et 15 mille sinistrés, selon un bilan partiel.

14 juillet : assassinat du journaliste et poète Jacques Roche après 4 jours de séquestration.

27 juillet : De la prison à perpétuité pour les auteurs et complices de faux enlèvements, promet la Police nationale d’Haïti.

4 août : Désignation de la canadienne d’origine haïtienne, Michaà« lle Jean, comme gouverneure générale du Canada.

26 août : rapatriement des corps des 3 jeunes haïtiens brûlés vifs en République Dominicaine, le 16 août.

29 août : un glissement de terrain dans la zone de Rivière Froide, banlieue sud de la capitale, fait 10 morts et 12 blessés.

22 septembre : le président provisoire Boniface Alexandre revient satisfait de son voyage à New York où il a participé à la soixantième session ordinaire des Nations unies.

Bruxelles accueille des bailleurs de fonds internationaux pour une rencontre spéciale sur Haïti.

5 octobre : Décès du célébrissime peintre haïtien André Pierre, à l’âge de 91 ans.

Mi-octobre : la Cour de cassation remet en selle le candidat à la présidence écarté par le CEP, Dumarsais Siméus. Le gouvernement crée une Commission d’Etat devant examiner la nationalité des candidats.

19 octobre : Le passage de Wilma sur le continent américain fait 11 morts, 5 disparus et 2000 familles sinistrées. Haïti paie le plus lourd tribu.

Adoption par le gouvernement, via le Ministère de l’environnement, d’un projet de décret sur la gestion de l’environnement.

Fin octobre : Publication du deuxième rapport de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) sur le réseau de corruption qu’entretenait le régime de Jean Bertand Aristide. Les responsables de l’UCREF ont deploré la diffusion par les medias de ce rapport.

4 novembre : le gouvernement intérimaire informe qu’il a engagé des poursuites légales et juridiques en Floride contre l’ancien president Jean Bertrand Aristide.

9 novembre : Des habitants de Carrefou-Feuilles descendent dans la rue pour réclamer la libération du commissaire Carlo Lochard. Ce dernier figurait parmi onze policiers appréhendés en relation avec les incidents de Martissant (août 2005) qui s’étaient soldés par plusieurs morts.

Dumarsais Siméus est définitivement écarté de la course à la présidence par la Commission d’Etat sur la nationalité.

Décembre : Nette recrudescence des cas de kidnapping dans l’aire métropolitaine de Port-au-Pince

7 décembre : le porte-parole de la police annonce que la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) étudie un plan visant à adapter la stratégie de la PNH au mode opératoire des bandits.

Cité Soleil demeure un défi pour la police et la MINUSTAH.

9 décembre : l’Exécutif met à la retraite 5 juges de la Cour de cassation, le plus grand tribunal du pays.

Cette décision, intervenue au lendemain d’une nouvelle demande de la Cour de cassation pour que Dumarsais Siméus réintègre la course à la présidence, provoque un débrayage au niveau du Palais de justice.

Après deux tentatives infructueuses au Palais de justice, les cinq nouveaux juges (nommés en remplacement de ceux révoqués) prêtent serment au Palais national. L’arrêt de travail des juges se poursuit.

12 décembre : Violente perturbation de la visite du président dominicain Leonel Fernandez. Des étudiants et members d’autres secteurs ont manifesté devant le Palais national en signe de protestation contre les mauvais traitements exercés sur les ressortissants haïtiens en République Dominicaine. [vs apr 31/12/05 15:35]