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Scruter le scrutin

Haiti - Election : Une nouvelle valse d’incertitudes

P-au-P, 23 déc. 05 [AlterPresse] --- L’organisation Fanm Yo La (Les Femmes sont Présentes) et le Réseau des Femmes Candidates Pour Gagner (RFCG) ont exprimé le 22 décembre des préoccupations quant à la tenue des prochaines élections, fixées au 8 janvier 2006.

Suite à des révélations du président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Max Mathurin, faisant état de difficultés dans le déroulement du processus, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, secrétaire générale de « Fanm Yo La » a déclaré à la presse que « nous ne comprenons pas pourquoi, 18 jours avant la tenue des élections, le CEP a choisi de faire savoir à la population que l’Organisation de Etats Américains (OEA) ne lui a jamais donné le plan de distribution des cartes électorales ».

La dirigeante de « Fanm Yo La » rappelle que les responsables du CEP avaient donné la ferme garantie de la tenue de bonnes élections le 8 janvier 2006. « Nous demandons au CEP de cesser les manœuvres dilatoires », s’exclame-t-elle.

Marie Laurence Jocelyn Lassègue précise que l’organisation féministe, de concert avec « la société civile » et les partis politiques, avait proposé au CEP un échéancier et un chronogramme d’activités qui n’ont pas été pris en compte.

« Aujourd’hui, on nous dit que la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) et l’Organisation des Etats Américains (OEA) ne prennent pas leur responsabilité », souligne-t-elle.

« Fanm Yo La » estime qu’il revient au CEP d’organiser les élections en Haiti. Il incombe au gouvernement de lui donner les moyens nécessaires pour la réalisation des joutes électorales avec l’appui des organisations internationales engagées dans le processus électoral, soutient la dirigeante de « Fanm Yo La ».

« Nous demandons au CEP de s’asseoir rapidement avec le gouvernement et les institutions internationales en vue de trouver une réponse aux problèmes soulevés », suggère Marie Laurence Jocelyn Lassègue.

Parallèlement, la représentante du Réseau des Femmes Candidates pour Gagner (RFCG), Yolette Mingual (candidate à la députation pour la 1ère circonscription de Port-au-Prince), demande au gouvernement de prendre sa responsabilité dans le dossier du financement des parties politiques.

Les partis politiques se plaignent que les fonds promis par le gouvernement n’ont jamais été débloqués, alors que, si la date du 8 janvier est maintenue, la campagne électorale tire presque à sa fin.

Le RFCG dénonce la discrimination faite aux femmes candidates par certains partis politiques, arguant qu’elles seraient financées par le réseau. « Nous rappelons à tous que le rôle du Réseau est de donner aux femmes candidates un espace de rencontre, de la formation et un encadrement moral et technique », précise-t-elle.

Les doutes sur la tenue des prochaines élections se confirment, alors que des membres du CEP multiplient des déclarations faisant état de graves difficultés qui pourraient entraîner un nouveau report du scrutin.

L’actuel calendrier a été publié le 25 novembre dernier. Il fixe au 8 janvier et au 15 février 2006 l’organisation des premier et deuxième tours des élections présidentielles et législatives. La date du 15 mars est retenue pour les scrutins au niveau municipal et local.

Le même jour, l’Exécutif avait pris un arrêté convoquant officiellement le peuple en ses comices pour élire un président, 30 sénateurs et 99 députés et, par la suite, les Conseils Municipaux et les structures de collectivités territoriales. [jj gp apr 23/12/05 23:30]