Haïti / République Dominicaine : Leonel Fernandez n’est pas le bienvenu à Port-au-Prince

P-au-P, 12 déc. 05 [AlterPresse] --- Le président de la République Dominicaine, Leonel Fernandez Reyna, a effectué, ce 12 décembre 2005, une brève visite à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, sur fond d’hostilités et de protestations, ont observé les reporters de l’agence en ligne AlterPresse.

Après avoir entamé un mouvement de protestation devant l’Aéroport International Toussaint Louverture, des étudiants, évalués à plus d’un millier et soutenus par d’autres habitants de Port-au-Prince, ont manifesté devant le Palais National, siège du président de la République, contre la présence du président dominicain en Haïti.

La visite de Leonel Fernandez survient à un moment où les migrants haïtiens font continuellement l’objet d’actes violents de la part des Dominicains.

« Même si Boniface Alexandre est un président fantoche, il ne devait pas accepter une quelconque visite de Leonel Fernandez en Haïti », lâche un manifestant arborant une photo du révérend père belge, catholique romain, Pierre (Pedro) Ruquoy, de la congrégation Scheutt.

Le prêtre a été contraint, le 17 novembre 2005, à retourner en Belgique à la suite de menaces renouvelées et sur demande de sa congrégation.

« Toutes les institutions haïtiennes, tant publiques que privées, devaient chômer ce 12 décembre pour donner une réponse ferme à Fernandez qui incite les Dominicains à massacrer les Haïtiens en République Dominicaine », estime un étudiant visiblement en colère.

Ce manifestant s’en prend, par ailleurs, aux agents de la Compagnie d’Intervention et de Maintien de l’Ordre (CIMO), qui assuraient la sécurité dans les parages du Palais présidentiel.

« Récemment, les Dominicains passaient à l’infinitif des ressortissants haïtiens et aujourd’hui on nous empêche de faire valoir nos ras-le-bol vis-à -vis de Leonel Fernandez », ajoute-t-il.

Les dispositifs de sécurité, adoptés en la circonstance, n’ont pas pu calmer l’ardeur des manifestants.

Au moment où les deux chefs d’Etat sont en tête-à -tête à l’intérieur du Palais, les manifestants lancent des jets de pierre dans toutes les directions. Ils ont mis le feu à des pneus usagés. Mais les forces de l’ordre ont dû faire venir des sapeurs-pompiers pour éteindre le feu.

Dans leurs discours, Boniface Alexandre et Leonel Fernandez n’ont pas signalé ce mouvement de protestations qui règne aux abords du palais présidentiel.

Le cortège du président Leonel Fernandez Reyna a éprouvé des difficultés à trouver le passage au milieu d’une foule de manifestants en furie.

Les agents de l’ordre ont, in extremis, utilisé la manière forte pour disperser la foule. Des tirs d’armes automatiques provenaient, non seulement de l’intérieur du Palais National, mais aussi de l’hélicoptère des Forces Armées dominicaines.

Fernandez a été obligé de mettre fin prématurément à sa visite à la capitale haïtienne. Il n’a pas eu le temps de rencontrer les différents secteurs souhaités. [do rc apr 12/12/05 16 :30]