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Haiti - Élections : Le financement des partis politiques, un enjeu


jeudi 17 novembre 2005

P-au-P., 17 nov. 05 [AlterPresse] --- Un nombre indéterminé de partis politiques a déjà soumis au Conseil électoral provisoire (CEP) une liste de quarante mille membres.

Ces formations se mettent ainsi en bonne position pour pouvoir bénéficier de l’Etat une aide financière de cinquante-cinq millions de gourdes, soit l’équivalent de 1 million 300 mille dollars américains.

L’article 148 du décret stipule en effet très clairement que « l’Etat accordera aux partis politiques qui participent effectivement au processus électoral, une subvention pour les aider à renforcer leurs structures et à mener leur campagne électorale ».

Parmi les formations politiques ayant déjà fait dépôt de dossier à l’organisme électoral figurent l’Alliance démocratique, la Fusion des sociaux-démocrates et l’Organisation du peuple en lutte (OPL).

Selon le secrétaire général du CEP, qui s’exprimait ce 17 novembre sur Télé Haïti, la vérification a déjà commencé. « Des dispositions sont prises pour boucler le processus en très peu de temps », a martelé Rosemond Pradel sans toutefois avancer de date.

Outre les quarante mille membres avec leur numéro de carte d’identification nationale, les partis politiques faisant une demande de subvention, doivent fournir une lettre de couverture (présentant la demande) et une copie de la reconnaissance légale émise par le Ministère de la justice.

C’est du moins ce qu’avait indiqué, lors d’une conférence de presse, le 13 octobre 2005, le ministre de la justice Henri Dorléans.

Pour sa part, le Premier ministre Gérard Latortue avait ce jour-là justifié ce financement des partis et regroupements politiques par le souci de contrebalancer le poids des forces d’argent dans la campagne (électorale). « Il ne faut pas que le résultat des élections soit influencé exclusivement par les forces d’argent », avait-il lancé. Latortue avait, de manière explicite demandé aux candidats d’éviter des pratiques de corruption dans le financement de leur campagne.

Des sociétaires victimes de l’escroquerie des coopératives en faillite (en 2002, sous le régime de Jean Bertrand Aristide) ont à moult reprises reproché au Premier ministre intérimaire « d’avoir dirigé l’argent promis pour le remboursement des sociétaires victimes vers les partis politiques ». Gérard Latortue et son ministre des finances, Henri Bazin,avaient réfuté, le 13 octobre dernier, les allégations selon lesquelles le montant alloué appartiendrait aux sociétaires lésés.

La campagne électorale s’est ouverte officiellement le 8 octobre. Le flou qui persistait à propos du calendrier des élections est retenu par certains comme le principal facteur expliquant qu’elle n’a pas atteint jusqu’ici sa vitesse de croisière. Alors que d’autres évoquent le manque de ressources financières de nombre de partis et acteurs engagés dans la course. [vs apr 17/11/05 18:00]