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Deux candidats à la présidence d’Haïti dans les filets de la Commission gouvernementale sur la nationalité

P-au-P., 08 nov. 05 [AterPresse] --- Deux candidats à la présidence sont écartés de la course électorale. Il s’agit du richissime homme d’affaires Dumarsais Mécène Siméus qui briguait la présidence sous la bannière du parti Tèt Ansanm et du candidat du Mouvement progressiste haïtien (MPH), Samir Mourra.

La décision émane de la Commission gouvernementale de vérification de la nationalité des candidats.

La commission d’Etat aurait en effet fourni au Conseil électoral provisoire (CEP) des preuves concernant la nationalité américaine de messieurs Mourra et Siméus.

Dans une lettre adressée au CEP, les membres de la commission affirment que les deux candidats détiennent un passeport américain.

Le CEP devrait publier incessamment la liste définitive des candidats à la présidence habilités à faire campagne.

L’un des candidats évincés n’a pas tardé à réagir en qualifiant d’illégales et d’inconstitutionnelles et la commission d’Etat sur la nationalité et l’institution électorale. Samir Mourra réaffirme être « un haïtien natif natal ».

Son collègue d’infortune, le multimillionnaire Dumarsais Siméus avait lui récemment fait savoir, après sa réintégration dans la course par la Cour de cassation, le plus grand tribunal du pays, que son éventuelle éviction de la course signifierait « qu’il est déjà président d’Haïti ». Siméus s’arc-boutait à l’idée que « la Cour de cassation est la seule instance constitutionnelle du pays ».

Le président de la Commission d’Etat (sur la nationalité des candidats), le ministre de la justice Henri Dorléans avait rétorqué que la Cour (de cassation) n’avait pas statué sur la nationalité de Siméus, mais plutôt sur l’accusation de fausses déclarations que le CEP avait évoquées dans sa requête.

Les candidats à la présidence en lice sont au nombre de 38 (incluant Mourra et Simeus), après la décision de la Cour de cassation et du Bureau du contentieux électoral d’autoriser la participation aux prochaines élections de six aspirants à la magistrature suprême du pays.

Ce premier verdict de la commission gouvernementale sur la nationalité est tombé alors qu’on est en passe de franchir une étape décisive dans le processus électoral. Le CEP devrait en effet, si l’on croit son président, Max Mathurin, divulguer à la fin de cette semaine le calendrier électoral.

Depuis le début de l’année 2005, la date des élections a été repoussée à quatre reprises. [vs apr 08/11/05 18:45]