Perspectives

Haïti / Droits Humains : Marche maintenue des organisations sociales

malgré une interdiction de manifester sur les voies publiques
lundi 19 septembre 2005

P-au-P., 19 sept. 05 [AlterPresse] --- Le collectif d’organisations sociales, qui exigent depuis début 2005 des dispositions institutionnelles face à la hausse accélérée du coût de la vie, affirme maintenir, pour le mardi 20 septembre 2005 à Port-au-Prince, une marche de protestation et de réclamations en faveur d’un mieux-être de la population nationale, a lancé un porte-parole du mouvement dans une interview à l’agence en ligne haïtienne AlterPresse.

Les associations, qui composent le groupe d’organisations sociales, seront encore une fois sur la chaussée, ce mardi, pour obtenir des dirigeants la baisse du prix du carburant, « ce qui entraînera une diminution du coût de la vie », soutient Wilson Junior Jean, un représentant du secteur étudiant.

« Notre objectif, dans les séries de manifestation, est de porter le gouvernement (intérimaire) à prendre ses responsabilités par rapport à la situation de misère dans laquelle croupit la grande majorité du peuple haïtien », a-t-il indiqué.

L’Etat haïtien serait en avance, par rapport aux autres pays, en ce qui concerne l’augmentation du prix des produits pétroliers sur le marché national.

« Si, de l’année 2000 à 2005, le prix de l’essence a doublé sur le marché international, en Haïti il a quadruplé durant cette même période et les recettes de l’Etat se sont accrues. C’est un crime contre la population » a-t-il avancé.

A l’instar des autres manifestations organisées dans la capitale haïtienne depuis plusieurs mois, la marche du 20 septembre, qui devrait démarrer à la Faculté des Sciences Humaines (de l’Université d’Etat d’Haïti) pour prendre fin devant le Palais National, ambitionne, à nouveau, de « dénoncer la précarité et la vulnérabilité des couches déshéritées du pays », et de « porter les dirigeants à donner des réponses concordantes à nos revendications ».

Dans cette interview à AlterPresse, le collectif d’organisations sociales fustige la récente disposition, annoncée dans la soirée du 16 septembre 2005 par le gouvernement de transition, d’ « interdire toutes manifestations sur la voie publique jusqu’au 2 octobre 2005, dans le but de créer un environnement stable, favorable à l’organisation de bonnes élections dans le pays ».

« La mesure du gouvernement vise à bloquer l’élan des organisations sociales, qui réclament de meilleures conditions de vie pour les masses populaires, par des marches de rue », a réprouvé Wilson Junior Jean, porte parole du collectif.

« Cette décision est contraire aux prescrits de la charte fondamentale de la nation, la Constitution de 1987, qui reconnaît le droit à toutes les citoyennes et à tous les citoyens de s’exprimer librement par la voie qu’elles ou qu’ils choisissent », a-t-il poursuivi.

En l’absence du Chef du gouvernement intérimaire Gérard Latortue, le régime de transition, par la voix du Premier ministre a.i. Henry Bazin, avait, entre autres, évoqué des « raisons » sécuritaires pour justifier sa démarche : « éviter que des individus armés ne profitent des mouvements de foule pour commettre des actes répréhensibles sur la population ».

« Le gouvernement ferait mieux de prendre en compte les revendications des déshérités, qui sont à bout de souffle, avec les réalités de misère (qu’ils vivent au quotidien), au lieu de plancher sur des décisions arbitraires et irréfléchies » a lâché Wilson Jean, qui a renouvelé l’appel du collectif d’organisations sociales à une participation « active » de la population à la nouvelle marche contre la hausse du coût de la vie le mardi 20 septembre 2005.

Le collectif d’organisations sociales, qui revendiquent en faveur de l’amélioration des conditions de vie sur le territoire d’Haïti, comprend le Mouvement Démocratique Populaire (MODEP), la Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA), la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Défense des Droits Humains (POHDH), la Plateforme de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), le Mouvement des Etudiants Adultes (Mouvman Etidyan Granmoun MEGA) ainsi que d’autres associations. [lf rc do apr 19/09/2005 18 :00]